MeeT and TRaVeL MaG n°89 septembre-octobre 2026

ÉGYPTE

DES PROJETS PHARAONIQUES EN COURS Face aux défis qui attendent le pays, L’Égypte a entrepris, depuis une bonne dizaine d’années et sous la houlette du Président Al Sissi, d’immenses chantiers à coup de centaines de milliards de dollars d’investissements, financés en joint venture avec des fonds souverains, notamment ceux des pays du Golfe, dont le coût public pour les Égyptiens eux-mêmes, pourrait selon certains mettre en danger l’économie du pays. Ainsi en est-il de New Cairo, la nouvelle capitale édifiée à 45 km à l’est du Caire qui devrait à terme désengorger Le Caire en abritant 6 millions d’habitants, ainsi que toutes les instances du pouvoir. Inaugurée en avril 2024 par le Président, elle attend toutefois que les Cairotes consentent d’y venir habiter compte tenu des prix de l’immobilier, tout comme les ambassades étrangères renâclent à s’y installer. C’est aussi le cas d’El Gouna sur la mer Rouge, modèle de développement touristique intégré, conçu dans les années 80 dans l’esprit d’une Venise balnéaire (îles artificielles, canaux, marinas, etc.) et actuellement en pleine mutation, avec de nouveaux projets résidentiels et hôteliers abandonnant le all inclusive pour se repositionner comme une destination lifestyle et de luxe axée sur les loisirs, la culture et le sport (Festival du film , plongée, tournois de padel, sqash, kitesurf, voile…). La station s’impose désormais comme une championne du tourisme écolo, multipliant le recours aux énergies renouvelables pour réduire son empreinte carbone et une gestion de l’eau exemplaire (recyclage des eaux usées pour l’arrosage des espaces verts et des golfs, utilisation intensive des techniques de désalinisation). Autres méga-projet en cours, principalement agricole celui-là afin d’augmenter de 15 % la production de denrées alimentaires avec de nouvelles terres irrigables, le titanesque projet du New Delta qui consiste à développer 9 200 km² de terres fertiles dans le désert à l’ouest du Caire avec la création d’une rivière artificielle de 120 km de long, de multiples canaux, d’immenses centrales solaires et des serres à n’en plus finir. Objectif, une autosuffisance alimentaire, l’installation de nouvelles zones économiques à énergie renouvelable, et surtout, la création de millions d’emplois.

Nouveau Musée du Caire

C’est aussi l’idée qui préside aux pharaoniques aménagements en cours sur l’ouest de la côte méditerranéenne avec les projets de Ras el Hekma et New el Alamein, deux futurs modèles de villes intégrées et durables, avec chacune son aéroport international pour recevoir en moins de 4 heures de vol une part du bassin de touristes européens évalué à 400 millions de personnes. Modèles au top de l’innovation technologique (gestion de l’eau, usines de désalinisation, énergies renouvelables, espaces verts, etc.) prévus pour développer de nouveaux et gigantesques pôles d’activités économiques, eux aussi destinés à désengorger la capitale et à créer de nouveaux emplois, mais également conçus pour recevoir des millions de touristes (front de mer à la mode Dubaï, équipements culturels et de loisirs, programmes immobiliers, marinas, golfs, etc). Tout projets de hubs urbains globaux et de tourisme intégré, pour certains déjà avancés, qui à leur terme (2030, 2040, 2050 ?) devraient être reliés par un réseau ferroviaire à grande et moyenne vitesse, sans oublier naturellement la construction d’autoroutes permettant en quelques heures de vivre l’Égypte du xxi e siècle en même temps que de se plonger dans son passé immémorial, comme de goûter au balnéaire méditerranéen ou de plonger dans les eaux céruléennes de la mer Rouge.

Vallée des Rois

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