MeeT and TRaVeL MaG n°82 / mars-avril 2025

ZOOM

El Salvador PAR ANNE GOLEC

UN JARDIN SUR LE PACIFIQUE À la faveur d’une sécurité retrouvée, le tourisme du Salvador, et son économie en général, ont retrouvé des couleurs. Désormais ce petit pays d’Amérique centrale ne demande qu’à être découvert par les groupes incentives, au fil de ses villages coloniaux, de ses majestueux volcans et de son patrimoine précolombien.

HACIENDA ET TOIT-TERRASSE Du côté des structures d’accueil, San Salvador dispose d’un parc hôtelier tout ce qu’il y a de plus international, avec des unités sans grand charme mais de belle capacité. Parmi elles, le Real InterContinental San Salvador (226 chambres) en plein centre de la métropole ; le Hilton San Salvador (198 chambres) doté d’un vaste centre de conférences ; le Barcelo San Salvador (205 chambres) dans le quartier de San Benito ou encore le Sheraton Présidente (225 chambres), proche du précédent. Dans le centre historique, mentionnons le Cardedeu Centre Historico (24 chambres). En matière de restaurants ou de sites privatisables, le choix peut se porter sur des adresses internationales comme Brutto, à la carte mixant les influences, ou le toit-terrasse de la nouvelle bibliothèque nationale, inaugurée fin 2023. Mais aussi sur des lieux s’ouvrant sur de luxuriants paysages tels que La Pampa, aux abords du lac Coatepeque, et Almatechan, dont le jardin offre une vue dégagée sur les montagnes. PUPUSAS ET PARFUM D’ARABICA En l’absence de vol direct au départ de la France, l’aéroport international de San Salvador, à 40 minutes au sud de la capitale, est accessible via Panama City ou San José grâce aux vols assurés par Avianca ou Copa Airlines, en connexion avec ceux d’Air France. En alternative, Iberia dessert San Salvador au départ de Madrid. Une fois sur place, la dimension compacte du pays se transforme en atout. Les activités peuvent aisément faire l’objet d’excursions à la journée ou à la demi-journée depuis la capitale. Parmi les incontournables, citons la balade dans le cratère du volcan San Salvador et son oasis naturelle El Boquerón, ainsi que la Route des Fleurs. Cette route sinueuse reliant Nahuizalco, Salcoatitán, Juayúa, Apaneca et Ataco, au sud de Santa Ana, permet de découvrir des villages coloniaux ayant chacun leur singularité (artisanat, festival culinaire, fresques murales…) dans une région où les plantations de café font partie du paysage. Plus au nord, Suchitoto peut être le cadre d’ateliers célébrant les savoir-faire locaux en matière de teinture (le pays vécut un temps de la culture de l’indigotier) et de cuisine, à travers la préparation de pupusas, la galette fourrée emblématique du pays. Celui-ci compte également un site inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco, Joya de Cerén, surnommé la Pompéi d’Amérique, et parmi différents sites mayas, les vestiges de Tazumal, de forme pyramidale. Enfin, randonnées sur les pentes du volcan Santa Ana, kayak sur le lac Coatepeque ou initiation au surf à Libertad composent d’autres voies d’exploration.

Le changement est récent, mais bien réel. Depuis que le président Nayib Bukele a décrété l’état d’exception et la guerre aux gangs, au printemps 2022, les Salvadoriens font l’expérience d’une nouvelle sérénité. Le coup d’arrêt mis à la criminalité omniprésente, obtenu au prix d’une politique carcérale radicale, a changé la donne pour les habitants ainsi que pour le tourisme. Les visiteurs sont de retour et, selon le Ministère du Tourisme du Salvador, la fréquentation internationale a augmenté de 17 % en 2024, à 3,9 millions de visiteurs. Destination émergente, ayant pour voisins le Guatemala et le Honduras, le Salvador fait figure de Petit Poucet de l’Amérique centrale avec ses 21000 km 2 . Une taille qui ne l’empêche pas de compter 6 parcs nationaux, 242 volcans, de grands lacs, un littoral pacifique d’environ 320 km ainsi qu’un riche patrimoine culturel. Ce dernier témoigne de l’histoire d’un territoire qui, comme l’ensemble de la région, fut conquis aux peuples indigènes pour devenir une part de l’Empire espagnol, jusqu’à l’indépendance en 1821. Plusieurs agences réceptives, à l’instar de Quetzal Motivo, se positionnent en vue d’ouvrir la voie au marché incentive, en combinaison ou non avec d’autres destinations comme le Guatemala ou le Panama. La proposition séduira les organisateurs en quête d’originalité et d’authenticité. Car ce que le Salvador n’a pas en superficie, il l’a en hospitalité.

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