Flash_2017-02

Davantage de croissance "maison" Le PIB de la zone euro montre une progression très régulière au fil des derniers trimestres, à défaut d'être très élevée. La tendance observée pour la majorité des Etats membres est celle d'un renfor- cement de la demande intérieure, soutenue avant tout par la con- sommation des ménages. Le Luxembourg est susceptible de parta- ger une évolution similaire, peut-être déjà sur la fin de 2016 et Selon l'estimation rapide d'Eurostat, le PIB de la zone euro a pro- gressé de 0.4% sur un trimestre au 4 ème trimestre 2016, une per- formance comparable à celle au 3 ème trimestre. Ce résultat est légè- rement inférieur aux attentes, car les éléments statistiques dispo- nibles laissaient plutôt entrevoir une hausse de 0.5%. Les chiffres ont été un peu moins bons qu'escompté notamment pour l'Alle- magne et la France – +0.4% chacun, ce qui n'est tout de même pas si mal – ainsi que pour la Grèce (avec un repli de 0.4%, alors qu'un résultat positif était attendu). La zone euro enchaîne ainsi quinze trimestres successifs de croissance, soit la période d'expansion la plus longue depuis la grande récession de 2008-2009. L'Allemagne continue à jouer un rôle moteur au sein de la zone euro, affichant une expansion du PIB proche de 2% sur l'ensemble de 2016. C'est quasiment le double de la croissance enregistrée par la France (+1.1%) et l'Italie (+1.0%). L'Espagne confirme une dyna- mique de reprise solide, avec une hausse de 0.7% du PIB au 4 ème trimestre 2016 et de 3.2% sur l'ensemble de l'année écoulée. En dépit d'un climat politique difficile, l'Espagne a pu profiter d'un afflux touristique record et de l'amélioration de son marché du travail. Le PIB espagnol est maintenant presque revenu à son ni- veau d'avant-crise – pour la zone euro dans son ensemble, ce cap avait déjà été franchi au début de 2015 – et le chômage recule de façon significative (depuis 2013, il est ainsi passé de plus de 26% de la population active à quelque 18%). Dans l'ensemble de la zone euro, la demande intérieure est en train de se renforcer. Ce phénomène passe surtout pour le moment par la hausse de la consommation des ménages (mais encore peu par l'investissement), en lien avec la reprise de l'emploi et les gains de pouvoir d'achat liés en particulier à la baisse des prix de l'énergie. Ce raffermissement de la demande intérieure s'accompagne d'un renforcement des échanges intra-européens. D'après les dernières prévisions de la Commission européenne (publiées le 13 février), la zone euro devrait enregistrer cette année une croissance du PIB de 1.6%, un résultat proche de celui de 2016 (+1.7%). La consommation privée devrait rester le soutien principal de l'expansion, même si la remontée de l'inflation (à 1.7% contre seulement 0.2% en 2016) viendra peser sur les dépenses des mé- nages. Si sa contribution devrait être limitée, la demande certainement encore davantage cette année. Une croissance régulière dans la zone euro

PIB de la zone euro

0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0

0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5

En %

-0.6 -0.4 -0.2

-1.5 -1.0 -0.5

12 T1

12 T3

13 T1

13 T3

14 T1

14 T3

15 T1

15 T3

16 T1

16 T3

Variation trimestrielle (éch. gauche) Variation annuelle (éch. droite)

Source: Eurostat

extérieure adressée à la zone euro devrait se raffermir en lien avec une meilleure dynamique dans les autres économies. Cette prévi- sion est soutenue notamment par les indicateurs conjoncturels les plus récents et l'hypothèse d'une politique budgétaire plus expan- sive aux Etats-Unis (sur base des orientations affichées par le Prési- dent Trump). La demande intérieure également amenée à se renforcer au Luxembourg Pour le Luxembourg, les chiffres du PIB du 4 ème trimestre 2016 se- ront connus le 23 mars. Les indicateurs déjà disponibles suggèrent un rebond du PIB (après la stabilisation observée au 3 ème trimestre, cf. Conjoncture Flash de janvier 2017). Celui-ci passerait notam- ment par la consommation des ménages, étant donné la bonne orientation des ventes de voitures et des ventes au détail à la fin de 2016. L'activité du secteur financier luxembourgeois devrait par ailleurs avoir été stimulée par le contexte boursier plus favorable (sur la fin de 2016, mais aussi sur le début de 2017). La consommation des ménages devrait largement se renforcer en 2017, sous les effets conjoints de la réforme fiscale et de l'indexa- tion des salaires en janvier, associés à un moral des consomma- teurs historiquement élevé (l'indicateur de confiance est quasiment à son niveau record sur les derniers mois).

Made with