Journal C'est à dire 264 - Juillet/Août 2020

P L A T E A U D E M A Î C H E

Saint-Hipp’ veut éviter la relégation Saint-Hippolyte La commune n’a plus de marges de manœuvre. Elle paie seule l’investissement et le fonctionnement de la gendarmerie, pourrait perdre des habitants et des services. Boris Loichot, le nouveau maire, a un plan de bataille.

S era-t-il le pompier de service ? La compa- raison est facile pour le nouveau maire de Saint-Hippolyte, Boris Loichot, 45 ans, qui est aussi le chef du centre d’incendie et de secours de la commune depuis 24 ans. L’homme a le sens du service public et a souhaité pour- suivre son rôle de pompier volontaire car il aime “le travail d’équipe.” Il succède à Serge Cagnon avec une équipe rajeunie, dotée de compétences. Fils de l’ancien maire Michel Loichot (1995-2008), ce géo- graphe de métier sait le cap qu’il veut donner à “son” village : “Éviter le déclin” répond le pre- mier magistrat qui s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs.

Décédé, son père pourrait être fier de lui : “Ce n’est pourtant pas une fin en soi. Il aurait été content de voir que je m’investis pour les autres” coupe l’édile. De la volonté, lui et son équipe devront en avoir. La situation financière de Saint-Hippolyte (900 habitants) n’est pas miro-

tionnement de celle-ci, environ 20 000 euros par an. “On paie seuls un service qui sert à tous ! Ce n’est pas équitable. Les loyers ne couvrent même pas notre prêt” dit-il. Pire, la commune avait prévu dans son Plan local d’urbanisme une zone à urbaniser sur la route deMontécheroux, dernière chance pour flirter avec la barre des 1 000 habitants. Patatras… le propriétaire du terrain refuse de le vendre. L’affaire est devant le tribunal administratif qui a donné en première instance rai- son au propriétaire en raison de la consommation foncière agricole alors que d’autres orga- nismes avaient validé. Il faut donc réécrire le P.L.U. ! “Perdre des habitants, ce serait catas- trophique pour nos commerces !” commente Boris Loichot. Moins d’habitants, ce sont aussi des

bolante. Elle a peu de marge de manœuvre pour investir. Ce résul- tat n’est pas le fruit d’une mauvaise gestion de l’équipe précédente mais de plusieurs

Le maire de Saint-Hippolyte Boris Loichot sur la place centrale.

“Saint- Hippolyte est un supermarché à ciel ouvert.”

leurs à rénover leurs biens. Objectif : attirer une nouvelle population. Parce qu’elle n’a plus de place, la commune a par exemple construit sur l’ancien terrain de handball 6 logements à loyers modérés. L’autre atout, “c’est de proposer aux parents une prise en charge de leur enfant de 3 mois à 15 ans. On a un tissu associatif sur lequel on va s’appuyer pour faire fonc- tionner des sites” indique le Saint-Hippolytain.

Tiraillé entre Pont-de-Roide et Maîche, le village bordé par le Doubs et le Dessoubre veut peser à la communauté de com- munes de Maîche. Un rôle de vice-président ? Le maire ne dit pas non. Son dada, c’est le tou- risme.Voir autant de personnes sur les terrasses de cette cité de caractère lors d’un début d’été ensoleillé prouve que Saint-Hipp’ a de superbes atouts. n E.Ch. l M.J.C. Alain Fabre, le président de la M.J.C. De Morteau a décidé de mettre fin à son mandat. Un nouveau président doit être nommé à la tête de la M.J.C. l Villers-le-Lac Lors du dernier conseil muni- cipal de Villers-le-Lac (le 11 juin), les élus ont décidé de confirmer la vente pro- chaine de l’ancienne école pri- maire du Chauffaud apparte- nant à la commune. L’offre déposée par Mme Cerf et MM. Beddeleem et Cerf a été vali- dée pour un montant de 298 000 euros, soit 283 000 euros nets vendeur. l Villers-le-Lac (bis) Une pétition a été adressée à la maire de Villers-le-Lac par des riverains des quartiers du Cernembert et de la Courpée qui s’opposent à un projet de construction d’un bâtiment de stockage de matériel agricole déposé par la C.U.M.A. du Saut du Doubs. l Villers-le-Lac (ter) Si les conditions sanitaires le permettent, le défilé du 14 juil- let et les feux d’artifice auront bien lieu à Villers-le-Lac. En bref…

menaces sur le collège (une déci- sion doit être prise en 2021) et La Poste. La trésorerie est déjà partie. Le plan de bataille passe par l’activité touristique et com- merciale : “Saint-Hippolyte est un supermarché à ciel ouvert : il y a tout sur la place” image le maire. Il faut le faire connaî- tre. L’équipe municipale a nommé un référent habitat dont la mission sera de comprendre et d’aider les propriétaires bail-

concours de circonstances… liés à la loi N.O.T.R.E. et au Plan local d’urbanisme notamment. La commune a récupéré de l’an- cienne communauté de com- munes de Saint-Hippolyte dis- soute le prêt de la construction de la nouvelle gendarmerie (1 million d’euros) et le fonc-

Recyclerie : point de la situation et feuille de route Maîche

La période de confinement et la reprise timide d’activité impactent le planning de réalisation du bâtiment. L’ouverture est désormais prévue pour le printemps 2021.

matériaux et matériels de récu- pération et nous aurons 600 m² de panneaux solaires sur le toit” , précise Jean-Marc Lerat, son président. Le projet associatif en lui-même suit son cours. “La structure créée en décembre dernier s’est dotée d’un conseil d’adminis- tration regroupant des bénévoles, les structures du réemploi, la C.C.P.M. (Communauté de Com-

ration ou de réutilisation d’objets seront mis sur pied” , dévoile Céline Renaud. Trois commis- sions thématiques reprennent leurs travaux (communication et sensibilisation à l’environ- nement, tri-valorisation-vente et acteurs du territoire). “Ces commissions sont ouvertes à toutes et à tous, n’hésitez pas à venir les rejoindre” , poursuit Céline Renaud. La commission

I nitialement prévue à l’au- tomne 2020, il semble dés- ormais évident que la recy- clerie n’ouvrira pas ses portes avant le début de l’année

sable de projet. D’autre part, le bâtiment se veut exemplaire et le cahier des charges est strict. “Nous utilisons partiellement du bois scolyté, beaucoup de

2021. “Les entreprises font face à des difficultés d’organisation et à des problèmes d’approvi- sionnement en matériaux” , confie Céline Renaud, respon-

communication a lancé un grand concours d’idées. “Il s’agit de trou- ver un nom et un logo à la recyclerie. Nous avons sélectionné les meilleurs projets et organisons un

munes du Pays de Maîche) et Préval Haut-Doubs” , ajoute M. Lerat. Les objectifs sont ambi- tieux. La fonction pre- mière est de valoriser, réemployer et vendre des

Favoriser l’insertion sociale.

objets destinés à être jetés. La deuxième est de favoriser l’in- sertion sociale et professionnelle de personnes en difficultés en collaboration avec les structures locales de l’emploi social et soli- daire. “La reprise d’une activité au sein de la recyclerie permettra aux salariés en insertion de reprendre confiance en leur potentiel pour renouer avec le monde du travail” , précise le président. La troisième fonction sera de sensibiliser la population à une consommation responsa- ble. “Nous aurons un point per- manent d’animation avec plu- sieurs chantiers de sensibilisation à l’environnement et des ateliers fréquents de répa-

vote sur notre site www.recycle- rie-maiche.org” , poursuit la res- ponsable du projet. Le résultat sera dévoilé au début de l’été. “En attendant, nous visitons des structures similaires afin de nous documenter, de prendre les bonnes idées et de s’enrichir des expériences pour préparer l’ave- nir” , complète Jean-Marc Lerat. Parallèlement, les bénévoles continuent à mobiliser les acteurs du territoire pour créer un réseau de partenaires. Le but de ce projet sera l’insertion sociale et professionnelle de nombreuses personnes en dif- ficultés sur notre territoire réputé prospère. n Ph.D.

Bénévoles en visite à la recyclerie de Quingey (de droite à gauche : Victor Barthoulot, Martine Chardon, Jean-Marc Lerat et un bénévole de Quingey).

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