Journal C'est à dire 264 - Juillet/Août 2020

M O N T B E N O Î T E T L E S A U G E A I S

Tourisme et biodiversité font bon ménage à la Roche de Hautepierre Hautepierre-le-Châtelet

Classé dans les Espaces Naturels Sensibles du Département (E.N.S.), ce haut lieu panoramique fait aussi l’objet d’une gestion associant écologie et accueil du public. Bilan.

la démarche Espace Naturel Sensible. Ce dispositif permet de protéger des sites naturels remarquables comme celui de la Roche de Hau- tepierre qui abrite des pelouses sèches, des espèces rupestres, tout un cortège de plantes, d’in- sectes spécifiques à ces milieux menacés par la fermeture des paysages ou la surfréquentation touristique. La Roche de Hau-

C’ est sans doute l’un des plus beaux points de vue du Doubs. À 881 m d’altitude, cette roche dominant toute la haute vallée de la Loue permet aussi voir une partie des som-

mets alpins comme le Mont- Blanc. “Depuis là, on aperçoit une soixantaine de villages” , confie Isabelle Nicod qui était encore maire en 2007 quand le Département du Doubs était venu présenter à la commune

Affluence sur le sentier

tepierre héberge, par exemple, le hibou grand-duc ou le faucon pèlerin dont l’espèce fut long- temps en danger dans le massif jurassien. Pour toutes ces bonnes raisons, le site a donc été intégré dans le réseau des EspacesNatu- rels Sensibles. Sa gestion fait l’objet d’un suivi scientifique annuel par le Conservatoire Botanique de Franche-Comté. C’est le Conservatoire des Espaces Naturels qui élabore le plan de pâturage du site. Face à la problématique de l’en- frichement, les gestionnaires ont décidé d’un commun accord de faire paître des ânes et des chèvres. “Inutile de défricher s’il n’y a pas d’animaux”, justifie l’ancienmaire.Un petit troupeau a pris possession des lieux avec une dizaine de chèvres duMassif Central, c’est leur race, et trois ânes. “Ils évoluent en liberté entre différents parcs. Les parcours sont organisés pour limiter la pression de pâturage. Les clôtures électriques sont alimentées par des panneaux photovoltaïques. Une petite loge a été construite il y a quelques années. On récu- père l’eau du toit pour alimenter les abreuvoirs en sachant qu’on dispose aussi d’un captage d’eau quand la citerne est vide” , détaille Stéphane Giret, un habitant qui s’occupe du troupeau. Suite à des attaques du lynx, les ani- maux sont rentrés la nuit. Le Département fournit au besoin du fourrage et les produits phytosanitaires.À noter la conti- nuité des actions engagées lors Un troupeau de 10 chèvres Massif Central participe à l’entretien des lieux.

de la création de la commune nouvelle des Premiers Sapins en 2016. Les premiers effets sur le paysage sont désormais visi- bles 10 ans après la mise en place de l’E.N.S. de la Roche de Hautepierre. “On voit que la pelouse retrouve sa place. Les résultats sont encourageants” , apprécie Isabelle Nicod. Un second plan de gestion 2019- 2030 est en cours de réflexion sur l’E.N.S. n d’interprétation L’accueil du public s’inscrit dans la politique d’animation des espaces naturels sensibles. À Hautepierre, cela se traduit par la création d’un sentier d’inter- prétation qui sillonne l’E.N.S. D’une longueur de 4 kilomètres, il est équipé de sept bornes thématiques permettant de découvrir l’histoire, le patri- moine, la géologie, les oiseaux, les papillons, la gestion pasto- rale… Départ du sentier près de l’église. Possibilité de retirer le livret de découverte au café associatif “La Distillerie”. Lequel ouvre le samedi et le dimanche après-midi en période estivale. “On a installé un compteur à l’entrée du sentier qui attire en moyenne 17 000 visiteurs chaque année. Cela représente entre 8 et 10 % de la fréquen- tation à la source de la Loue.” n

L’E.N.S. de la Roche de Haute- pierre-le- Châtelet domine Mouthier-

Haute- pierre.

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