Pétrosphère 2/13

Pétrosphère N o 2 / Août 2013

Personnel

Un éléphant et une souris traversent un pont. Ce dernier se met à craquer et à vaciller. Très enthousiaste, la souris dit à l’éléphant: «Nous pesons vraiment lourd, tous les deux!» Cette vieille blague me fait penser au débat sur le climat dans notre pays, qui s’est enrichi d’une facette depuis le 3 juillet: nous n’avons pas atteint les objectifs de réduction du CO 2 prévus dans notre loi. S’agissant du chauffage il s’en est fallu de très peu, mais tout de même! Mea culpa! En réponse à ces remontrances moralisatrices de la Confédération, rappelons que les émissions de CO 2 dues aux énergies fossiles en Suisse représentent un peu moins de 1‰ des émissions mondiales. Malgré une population en nette augmentation, les émissions de CO 2 baissent chez nous depuis le milieu de la dernière décennie. Par tête d’habitant, elles sont plus basses que dans la plupart des pays industrialisés. Et s’agissant des émissions de CO 2 par franc de produit intérieur brut, notre pays se situe même en dessous de la moyenne mondiale et se classe au 117 e rang sur 134 (AIE 2010). Changement de perspective: la dernière statistique énergétique mondiale de BP montre une fois de plus que la consommation globale d’énergie augmente, et que cette augmentation est même massive dans les pays émergents et en développement. C’est dû en partie au transfert des industries très gourmandes en énergie hors des pays industrialisés. Nous embellissons donc notre bilan et laissons la production «réelle» à d’autres, et cela au moyen – la statistique le montre aussi – de supports énergétiques essentiellement fossiles. Soit dit en passant, la consommation de charbon a progressé de 55%, soit plus que la moyenne. Il va de soi que cela a un lien avec l’augmentation des émissions mondiales de CO 2 . La Suisse devrait donc continuer de perdre du terrain dans les classements cités précédemment et s’autocélébrer prochainement en tant qu’exemple parmi les défenseurs du climat. Mais il faut oser demander ce que nous coûtera la poursuite de la réduction des émissions de CO 2 dans le pays. Les acteurs de la politique énergétique suisse ne devraient pas perdre de vue les réalités du monde lorsque, au nom de la protection du climat, ils veulent mettre allègrement sens dessus dessous un système énergétique qui fonctionne bien, voire notre économie réelle.

Entre 1 et 5 heures, les shops ne peuvent vendre que du carburant et des articles de consommation immédiate.

Photo: UP

comporter la restriction supplémentaire «à fort trafic» – a été approuvé avec une large majorité lors du vote final des deux conseils, le 14 décembre 2012. A l’avenir, on devrait donc mettre un terme à ces nonsens administratifs. Martin Bäumle, conseiller national et président du parti vert’libéral, précise: «La révision de la loi sur le travail ne vise pas à libéraliser les heures d’ouverture des magasins, mais simplement à supprimer des prescriptions bureaucra- tiques conduisant aujourd’hui à restreindre les assortiments de manière absurde. Le projet de loi ne concerne en fait qu’un peu plus d’une vingtaine de shops qui, avec la loi actuelle, peuvent déjà employer du personnel 24 heures sur 24.» La plupart des plus de 1300 autres shops de stations-service ne sont pas concernés, car les lois cantonales restent déterminantes en ce qui concerne les heures d’ouverture effectives. Un référendum aux motifs hypocrites Cette revendication est raisonnable et il est incompréhensible que les syndicats et les églises, sous le nom d’«Alliance pour le dimanche», aient lancé un référendum contre un projet de loi aussi modéré. Le 22 septembre 2013, le peuple devra donc se prononcer pour ou contre la suppression de cette limitation des assortiments. Le conseiller national Roland Büchel (UDC) n’est pas seul quand il affirme ne pas comprendre ce que visent les syndicats avec ce référendum: «Il est absurde que les syndicats cherchent à interdire la vente de certains articles, comme les saucisses à rôtir. Et on comprend encore moins leurs motiva- tions quand ils affirment vouloir protéger ainsi les salariés.» L’initiateur du projet de loi, le conseiller national Christian Lüscher, y voit aussi des avantages: «Cette votation constitue une chance de donner un signal clair contre les prescriptions bureaucratiques absurdes. Je dis donc clairement oui à la révi- sion de la loi sur le travail.»

Roland Bilang, directeur de l’Union Pétrolière

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