LMDB16-DIGITAL

°1 Profession archands de bonheur OFFERT PAR VOTRE COMMERÇANT Droguerie, arts de la table, bazars, équipement du foyer 1 er TRIMESTRE 2018

Tout ce qui change en

Argent, santé, conso, droits…

Sophie Sennelier Au bonheur des artistes !

LE LABEL CONFIANCE TRICOLORE

LA VOGUE DU TABLING Avec Thierry Villotte, président de la CAT

Santé . Prévoyance . Épargne . Retraite

solidaire comme vous ! Accompagner les entreprises et les salariés pour leur couverture de frais de santé, c’est aussi ça « être solidaire ». APICIL, recommandé par les partenaires sociaux pour assurer et gérer votre complémentaire santé de branche.

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É D I TOR I AL

2018, année du renouveau avec la FFEF !

L a tradition des vœux a du bon. En plus du plaisir sincère que j’éprouve à vous souhaiter le meilleur pour vous, vos proches et vos entreprises, c’est aussi l’oc- casion pour moi, cette fois, de vous annoncer aussi une bonne nouvelle. Depuis le 21 novembre dernier, date de sa naissance officielle en direct du Salon des Maires de France, la Fédération Française de l’Equipement du Foyer (FFEF, mais prononcez 2FEF !) a suc- cédé à la Fédération Française des Détaillants en Droguerie et Bazar (FFDB). Un changement de nom qui, au-delà de la seule dimension «cosmétique», répond à une double exigence stratégique : s’adapter aux évolutions profondes qui transforment aujourd’hui nos

métiers et mieux accompagner nos commerçants dans les nou- veaux défis qu’ils doivent relever au quotidien. Dans un tel contexte, rassem- bler encore plus largement les pro- fessionnels du secteur de l’Equi- pement du Foyer s’imposait. Pour gagner en capacité d’influence et peser encore plus significative- ment sur les grands dossiers qui nous tiennent à cœur : la valorisa- tion de la production tricolore (voir notre article sur le label Origine France Garantie dans ce numéro), la revitalisation des cœurs de villes que nous considérons comme une véritable priorité nationale, la sauvegarde de notre tissu de commerçants de proximité et de l’art de vivre précieux dont ils sont porteurs, pour ne citer que ces

quelques exemples.

Ces batailles, c’est avec vous tous, clients et commerçants, que j’entends les mener en 2018 au sein de la FFEF. Ensemble, nous pouvons agir pour promouvoir, sur l’ensemble du territoire, une offre commerciale équilibrée et res- pectueuse d’une certaine éthique sociale et écologique. Car, ne l’ou- blions pas : favoriser la production française et les achats de proximité, c’est aussi protéger nos emplois et notre environnement. Pascal MALHOMME Président de la FFEF 1 er vice-président CDNA Commerces de Détail Non Alimentaire Membre de la CPME Commerce

Marchands de bonheur Profession

S omma i r e

l ACTUALITÉ Toute l’actu pratique et conso . pages 4 à 7 l PRATIQUE Le label confiance de la production tricolore ! . pages 8 et 9 l RENCONTRE Sophie Sennelier Au bonheur des artistes . pages 10 et 11 l DOSSIER Le tabling révolutionne l’art de recevoir !. pages 12 à 14

Rédacteur en chef Nasser Negrouche  Merci de nous transmettre vos communiqués à l’adresse nasser.negrouche@tlpep.com www.tlpep.com Maquette Suzanne Guetteville Impression Groupe Corlet ZI, rue Maximilien Vox 14110 Condé-sur-Noireau Toute reproduction, même partielle, des articles et iconographies publiés dans cette publication sans l’accord de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détériorationdestextesetphotosqui luiontétéadresséspourappréciation. ISSN : 2273 – 726X Images:iStock.Fotolia.com.Pixabay.

Une publication de la Fédération Française de l’Equipement du Foyer. 45, rue des Petites Écuries 75010 Paris Tél : 01 42 06 79 48 Directeur de la publication Pascal Malhomme Déléguée générale Publicité et partenariats Catherine Debaudre  contact@2fef.org Éditée par la société Toute la presse en parle ! 7-9, rue Paul Lafargue 92800 Puteaux

Représentant légal Nasser Negrouche

3 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

A C T U S

Tout ce qui change en

1

LES NOUVELLES RÈGLES DU STATIONNEMENT PAYANT Les automobilistes qui ne règlent pas le montant du sta- tionnement payant s’exposent à une amende. À partir du 1er janvier 2018, ils devront régler un forfait de paiement différé, appelé « forfait de post-stationnement ». Son montant variera d’une com- mune à l’autre, contrairement à aujourd’hui où l’amende est fixée à 17 € sur l’ensemble du territoire. Le montant de ce « forfait de post-stationnement » est notifié : • Soit par apposition d’un avis de paiement exigible sur le véhicule concerné ; • Soit par envoi postal au domicile du titulaire du certificat d’imma- triculation ; • Soit parfois transmis sous une forme dématérialisée à certains titulaires de certificats d’imma- triculation. BON À SAVOIR : le « forfait de post-stationnement » doit être réglé en totalité dans les 3 mois. Sinon, il est considéré comme impayé et majoré.

Argent, santé, droits, obligations, démarches… Panorama des changements qui vont affecter votre vie quotidienne en 2018.

2

OPTIQUE, PROTHÈSES AUDITIVES : LES CONSOMMATEURS MIEUX PROTÉGÉS

À partir du 1 er janvier 2018 l’information des consommateurs

qui achètent des produits ou prestations d’optique et d’appareils auditifs sera renforcée. Désormais, ils auront accès à : ✔ Un affichage en magasin de la remise obligatoire d’un devis avant tout achat ; ✔ Un affichage lisible de l’extérieur, en vitrine, ou sur le site internet de vente, du prix et de l’intitulé des prestations effectuées par l’opticien ou l’audioprothésiste ; ✔ Un contenu et une présentation normalisés des devis remis avant la vente des produits et prestations ; ✔ Un contenu du modèle de la note remise avant paiement intégral à l’assuré ou à son ayant droit (avec notamment les éléments prévus par le devis, les noms et prénoms du patient, le médecin prescripteur...). Ànoter : le contenu des devis dissociera désormais les produits des prestations et il sera plus précis sur les modalités de prise en charge par les mutuelles.

4 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

3

HAUSSE DU SMIC À partir du 1 er janvier 2018, le salaire minimum

5

BAISSE DE LA FRANCHISE EN CAS

interprofessionnel de croissance (Smic) va être revalorisé de 1,24 % (contre 0,93 % au 1 er janvier 2017). Le nouveau montant

DE FRAUDE À LA CB

À partir du 13 janvier 2018, le titulaire d’une carte bancaire perdue ou volée, victime d’une fraude, devra payer une fran- chise de 50 € pour les opéra- tions effectuées avant opposi- tion et pour lesquelles le code confidentiel de la carte a été utilisé. La franchise, actuelle- ment de 150 € diminuera donc de 100 €. C’est ce que prévoit l’article 2 de l’ordonnance du 9 août 2017 relative aux ser- vices de paiement. Par ailleurs, à partir de cette même date, le titulaire de la carte bancaire, victime d’une fraude, ne devra plus payer de franchise dans les cas suivants : • La perte ou le vol de la carte n’a pas pu être détecté avant la fraude ; • La perte de la carte est le fait d’un employé de la banque émettrice. RAPPEL : la fraude à la carte bancaire constitue une escro- querie (fait d’obtenir un bien ou de l’argent par le biais d’une manœuvre frauduleuse).

du Smic brut horaire sera donc porté à 9,88 € au 1 er janvier 2018 (contre 9,76 € depuis le 1 er janvier 2017) soit 1 498,47 € mensuels sur la base de la durée légale du travail de 35 heures hebdomadaires. Rappel : la revalorisation annuelle du Smic est liée à l’évolution de l’inflation et des salaires pour les ménages les plus modestes.

4

TROIS NOUVELLES ÉTAPES POUR L’ORIENTATION DES LYCÉENS VERS LE SUPÉRIEUR

Suppression d’APB remplacée par la plateforme « Parcoursup », accompagnement des élèves deTerminale, findu tirage au sort pour l’accès à certaines filières, rattachement des nouveaux étudiants au régime général de la sécurité sociale... À la suite du « plan Étudiants» récemment dévoilé, le nouveau calendrier d’orientation des lycéens de Terminale va s’articuler autour de 3 phases principales en 2018 : 1. Phase des vœux (janvier-mars 2018) avec notamment participation à la 2 e semaine de l’orientation, ouverture de la nouvelle plateforme d’affectation dans l’enseignement supérieur, saisie des vœux (10 au maximum, non hiérarchisés), examen par le conseil de classe, avis du chef d’établissement ; 2. Phase de réception et d’acceptation des propositions (mai-sep- tembre 2018) ; 3. Phase complémentaire pour les candidats n’ayant obtenu aucun de leurs vœux (juillet-septembre 2018).

Bon à savoir :

pour lutter contre l’échec en licence, le premier cycle universitaire sera modulable (+ ou - 3 ans) avec une

éventuelle remise à niveau à l’entrée à l’université.

5 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

A C T U S

7

DÉREMBOURSEMENT DE CERTAINS MÉDICAMENTS

CONTRE LE MAL DE DOS Coltramyl, Miorel, Myoplege... Si vous êtes sujet au mal de dos, vous connaissez peut-être ces médicaments (à base de thiocol- chicoside) vendus sous forme de comprimés ou de gélules. À partir du 2 janvier 2018, ils ne seront plus remboursés. Cette décision fait suite à un avis de la Commission de la trans- parence de la Haute Autorité de Santé (HAS) selon lequel, sur les questions de contractures musculaires dou- loureuses associées à une lombalgie aigüe, ces médicaments présentent un « service médical rendu » insuf- fisant qui ne justifie plus leur rem- boursement. À NOTER : la Commission de la trans- parence est une instance scientifique composée de médecins, pharmaciens, spécialistes en méthodologie et épi- démiologie qui évalue les médica- ments ayant obtenu leur autorisation de mise sur le marché (AMM).

6

MODIFICATION DE L’ÉPREUVE PRATIQUE DU PERMIS DE CONDUIRE

Les modalités de l’épreuve pratique de l’examen du per- mis de conduire des catégories B et B1 évoluent. À côté de la vérification d’un élément technique du véhicule et de la question en lien avec la sécurité routière, il introduit désor- mais une question portant sur les notions élémentaires de premiers secours. A partir du 1 er janvier 2018, lors de l’épreuve

pratique de l’examen du permis de conduire de la catégorie B, les candidats devront répondre à une question sur ce sujet.

Bon à savoir : 1 point sera attribué

au candidat si sa réponse est correcte.

6 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

8

L’AGENDA DES JOURS FÉRIÉS

9

DOMICILIATION DU SALAIRE LIMITÉE À 10 ANS POUR UN PRÊT IMMOBILIER

Lundi 1 er janvier > Jour de l’An Lundi 2 avril > Lundi de Pâques Mardi 1 er mai > Fête du Travail Mardi 8 mai > Victoire de 1945

Jeudi 10 mai > Ascension Lundi 21 mai > Lundi de Pentecôte Samedi 14 juillet > Fête nationale Mercredi 15 août > Assomption Jeudi 1 er novembre > Toussaint Dimanche 11 novembre > Armistice 1918 Mardi 25 décembre > Noël

Q uand vous demandez un prêt immobilier, votre banque peut conditionner sa proposition à une domiciliation des revenus (virement automatique de votre salaire sur un compte ouvert dans cettemême banque) aumoment de la signature du contrat de prêt. Apartir du 1 er janvier 2018, cette obligation sera limitée à 10 ans (oumoins si la durée de votre prêt estmoindre). Acompter de cette date, les banques et les établissements de crédit qui imposeront la domicilia- tion des salaires seront tenus d’en informer clairement l’emprunteur. À NOTER : les banques devront mentionner clairement la nature de l’avantage individualisé obligatoirement consenti en contrepartie de la domiciliation de vos revenus.

11

LES NOUVEAUX CRITÈRES DU LOGEMENT DÉCENT Les propriétaires

10

SOINS FUNÉRAIRES : DE NOUVEAUX DROITS

bailleurs doivent mettre les logements offerts à la location en conformité avec les nouvelles caractéristiques de décence d’un logement qui seront applicables à partir du 1 er juillet 2018. À partir de cette date, les dispositifs d’ouverture et les éventuels dispositifs de ventilation devront être en bon état et permettre un renouvellement de l’air et une évacuation de l’humidité adaptés aux besoins d’une occupation normale du logement et au fonctionnement des équipements. À RETENIR : dès le 1 er janvier 2018, le logement devra être protégé contre les infiltrations d’air parasites.

POUR CERTAINS DÉFUNTS À partir du 1 er janvier 2018, les personnes décé- dées, atteintes du sida ou d’une hépatite virale, pourront recevoir après leur décès des soins funé- raires visant à la conservation des corps (thana- topraxie). Les soins funéraires de conservation du corps restent néanmoins interdits pour les personnes décédées notamment de : ✘ rage ; ✘ choléra ; ✘ peste ; ✘ fièvres hémorragiques virales graves et contagieuses ; ✘ syndrome respira- toire aigu sévère ; ✘ maladie de Creutzfeld-Jakob.

7 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

PRAT IQUE

Le label confiance de la production tricolore !

Yves Jégo, président- fondateur de Pro France

lors des Assises du Produire en France

Exigeant, crédible, clair et rassurant, ce label officiel certifie l’origine française des produits que vous achetez. Un précieux signe de qualité qui peut vous aider à donner du sens à vos emplettes. Mode d’emploi.

P as facile de s’y retrou- ver dans la jungle des labels tricolores ! Made in France, Fabri- qué en France, conçu en France, produit français, confectionné à Limoges… Déboussolé, le consommateur ne comprend pas toujours clairement le sens de ces différentes estampilles. Une situation d’autant plus confuse que la notion même de « label » n’a pas de véritable existence juridique. « Elle dé- signe, par abus de langage, une marque collective reconnais- sable par des signes distinctifs comme un logo par exemple »,

77% des Français prêts à payer plus cher un produit fabriqué en France C’est ce que révélait une enquête d’opinion réalisée par l’IFOP pour Atol en janvier 2013. Ce consentement à payer plus cher un produit tricolore avait déjà été démontré par une étude du CREDOC, menée de manière récurrente depuis 1997 (déjà 39% de réponses positives à l’époque et 61% en 2012).

prévient la Direction générale des entreprises (DGE) dans son récent rapport sur le marquage d’origine. Si la production française a incontestablement le vent en poupe (voir nos encadrés), la promotion de la fabrication na- tionale demeure relativement complexe pour le néophyte. Pourtant, un label se détache nettement des autres en of- frant à la clientèle des garanties qualitatives uniques : Origine France Garantie. Aujourd’hui, 1600 produits bénéficient de cette marque collective et 500 entreprises sont concernées.

8 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

UNE INDICATION DE PROVENANCE CLAIRE ET OBJECTIVE

ACHETER FRANÇAIS : UN ACTE DE RESPONSABILITÉ SOCIALE ET ENVIRONNEMENTALE

A la différence des autres preuves d’origine, purement déclaratives et dépourvues de mécanismes de contrôle, le label Origine France Garantie est l’unique dispositif qui certifie l’origine française d’un produit demanière incontestable. Il a été fondé en juin 2010, à la suite de la publication du rap- port du parlementaire Yves Jégo consacré à la Marque France. Simple et compréhensible par tous, ce label est le résultat d’une démarche collective d’acteurs qui souhaitentœuvrer ensemble à la promotion du « produire en France » et à la valorisation des savoir-faire industriels et artisanaux tricolores. C’est l’as- sociation Pro France, présidée par Yves Jégo, qui délivre le label Origine France Garantie. Transversal, il se décline de la même manière à tous les sec- teurs d’activité et présente un caractère indiscutable puisque la certification (obligatoire) des produits est réalisée par un organisme certificateur in- dépendant. Ce qui assure aux consommateurs la traçabilité du produit en donnant une in- dication de provenance claire et objective. QUI PEUT ÊTRE LABELLISÉ ? L’usage de la marque peut être demandé par toute entre-

Toujours selon le même sondage IFOP, 95% des Français estiment qu’acheter un produit fabriqué en France est un acte citoyen per- mettant de soutenir l’industrie nationale. Pour 93% d’entre eux, c’est aussi une meilleure garantie de la qualité du produit (respect des normes françaises et européennes). Une même proportion déclare que cela leur procure l’assurance que le produit a été fabriqué selon des normes sociales respectueuses des salariés. Enfin, 87% des consommateurs interrogés estiment qu’acheter un produit fabriqué en France favorise le respect de l’environnement, notamment en optimisant l’utilisation des transports.

UNE PROCÉDURE DE CONTRÔLE INDÉPENDANTE ET STRICTE

prise produisant en France. Le principe retenu est simple et repose sur deux critères cumulatifs incontournables : 50%, au minimum, du prix de revient unitaire est français et le produit prend ses caractéris- tiques essentielles en France. Le référentiel de labellisation est constitué du socle de ces deux critères généraux et d’an- nexes sectorielles qui déclinent des critères spécifiques pour chaque secteur, voire dans cer- tains cas par catégorie de pro- duits. Grâce au marquage de ce label directement sur les biens de consommation, les entreprises disposent d’un nouvel atout pour faire savoir qu’elles pro- duisent en France. Le label est clair, simple, facilement iden- tifiable par le consommateur, il est le garant de l’origine du produit.

La démarche est confiée à des organismes certificateurs in- dépendants et se décline en 6 étapes : 1. L’entreprise constitue un dossier (informations sur les produits concernés et leur pro- cessus de production). 2. Le dossier est évalué par l’or- ganisme certificateur. 3. Si le résultat de l’étude est po- sitif, le label est décerné. 4. Dans un délai de 6 mois, un audit de vérification permet de valider les informations com- muniquées. 5. Sur présentation de la revue technique, la décision de label- lisation est confirmée. 6. Un audit annuel est prévu afin de s’assurer du maintien de la conformité.

9 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

RENCON TRE

Sophie Sennelier, marchande de couleurs à Paris.

Cézanne, Picasso ou Degas, parmi tant d’autres artistes de renom, étaient des habitués de la boutique familiale fondée par son arrière- grand-père en 1887. 130 années plus tard, Sophie Sennelier perpétue avec lamême exigence la tradition d’excellence de lamaison.

R encontrer Sophie Sennelier, au 3, quai Voltaire, dans le 7 ème arrondissement de Paris, c’est entrer dans un autre espace-temps. Adopter aussitôt un rythme différent. Laisser derrière soi la frénésie parisienne et suivre le pas lent de Cézanne ou de Picasso lors- qu’ils venaient choisir leurs cou- leurs dans la boutique Sennelier. Rien n’y a vraiment bougé

Contre les supermarchés des beaux-arts

Aujourd’hui, c’est son arrière- petite-fille qui dirige lamaison. Descendante d’une lignée de marchands de couleurs du côté de son père, et d’une dynastie d’artistes du côté de sa mère, la destinée de Sophie Sennelier, 52 ans, semblait toute tracée. « Reprendre la boutique n’était pourtant pas pour moi une

Le temple historique des artistes parisiens.

depuis, comme ces meubles patinés où sont encore rangés les pastels à l’écu, élaborés en 1901 à la demande du peintre Degas par Gustave Sennelier, coloriste à la formation de chimiste qui créa la bou- tique en 1887. Parmi les spécialités de la maison : les couleurs (aquarelles pastels, gouaches, huiles…), les brosses, pinceaux, crayons, fusains, les toiles et châssis, le papier dessin, le matériel d’atelier etc…

évidence, dit-elle. Mes frères et sœurs n’en avaient pas forcément envie. Je me suis décidée lorsque j’ai compris que si je ne reprenais pas le flambeau, cela s’arrêterait ». Aujourd’hui,àlatêtedetroisboutiques-undeuxième magasin a été ouvert par son grand-père en 1936 à Montparnasse et un troisième par elle-même en2007 à Denfert-Rochereau - Sophie Sennelier n’a qu’un seul objectif : durer. Perpétuer l’esprit de la maison à

10 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

4 générations de marchands de couleurs !

pas ailleurs comme ce rouleau de papier coréen de deuxmètres soixante de hauteur.

« Le rayonnement de la marque est tel que nous sommes devenus une référence en termes de qualité de produits et nous n’avons pas besoin d’aller chercher de nouveaux pro- duitsafindenousdémarquerdeladistributiondemasse », dit-elle.Pas besoin non plus d’appâter de nouveaux clients. Le jour où nous passons, en pleine semaine, ceux-ciontdumalàcirculerdansl’étroiteboutique.Au premier étage, deux murs sont recouverts de post-it : despetitsmotsdéposésparlesclientsdumondeentier. La boutique compte également quelques stars habi- tuées comme Karl Lagerfeld, Lou Doillon ou bien sa sœur Charlotte Gainsbourg qui, règle ce jour-là une commande en toute discrétion. Sophie Sennelier s’autorise tout de même quelques concessions au moment : un coin au premier étage est dédié aux teintes japonaises, très en vogue chez les jeunes dessinateurs et une présence discrète sur les réseaux sociaux. De toutes les façons, elle est convaincue que l’esprit de lamaison sera bientôt dans l’air du temps. « Les jeunes sont aujourd’hui

travers les ans. C’est pour elle un devoir familial mais aussi un « combat idéologique contre les supermarchés des beaux-arts », comme elle dit, ces fast-food des arts plastiques où pastels et peintures à l’huile sont vendus en self-service : « C’est insensé. Ces produits sont de la chimie, affirme-t-elle. On ne peut pas vendre des huiles sans donner des conseils précis d’utilisation ». Dans unmonde où tout va de plus enplus vite, Sophie Sennelier veut aussi retrouver le goût du temps long. Celui qu’il faut aux fabricants pour élaborer des pro- duits de qualité : « Lorsque des produits d’excellente

qualité ne sont pas vendus à leur juste prix, cela veut dire que les fournisseurs sont sous pression : la qua- lité finit forcément par bais- ser », dénonce-t-elle. Mais aussi le temps nécessaire à la création. Ici, les artistes sont accompagnés dans leur recherche de l’outil et du maté- riauadéquat, de l’idée à la conception. Une équipe d’artistes et d’experts en chimie Pour cela, Sophie Sennelier peut comp- ter sur ses 17 employés : des artistes eux- mêmes ou des techniciens experts en chimie, la double compétence qui fait la richesse de la maison. Le magasin vend toute la gamme Sennelier, bien sûr, mais aussi d’autres produits que l’on ne trouve

dans l’effervescence de l’ultra-rapidité. Mais tout cela est en train de de changer peu à peu. Ils com- mencent à se rendre c omp t e q u e l e contact et l’huma- nité leur manquent énormément. Lors- qu’ils seront tout à fait prêts, ils pour- ront pousser la porte de notre boutique. Car c’est certain : nous serons encore là pour les

Des produits de très haute qualité.

accueillir ».

©DR

11 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

D O S S I E R

Le tabling révolutionne l’art de recevoir !

Récemment élu à la présidence de la Confédération des arts de la table, Thierry Villotte, ancien directeur général de Guy Degrenne, présente son programme d’action en faveur de la filière et analyse les nouvelles tendances qui traversent l’art de la table.

tion,endéveloppement commercial. L’action collective est là pour les aider. Côté distributeurs, l’évolution est extraor- dinaire, avec de nou- veaux canaux de dis-

m’a naturellement sem- blé être l’endroit idéal pour cela. Après mes 13 années passées chez Degrenne, je pense avoir une vision richedenotre profession. Côté fabricants, la

Pouvez-vous, tout d’abord, vous présenter à nos lecteurs, nous parler de votre parcours profes- sionnel, devotre engagement per- sonnel en faveur du secteur ? THIERRY VILLOTTE : « J’ai rejoint Degrenne en 2003. J’ai quitté cette belle maison en 2016 après l’avoir dirigée pendant huit années. J’ai eu la chance d’avoir un parcours professionnel riche et exaltant, grâce au coup de pouce de plu- sieurs personnalités très fortes. J’ai considéré qu’il était temps, à 57 ans, de redonner aux autres après avoir reçu tellement. La Confédérationdes Arts de la Table

Thierry Villotte

tribution, de nouveaux modes d’achats, de nouveaux consom- mateurs à conquérir. Ici aussi, dans un contexte de concurrence exacerbée par la montée en puis- sance du commerce en ligne, peu ont les moyens de se réfor- mer seuls. L’action collective est également là pour les aider ».

France peut s’enorgueillir d’avoir unsavoir-faireexceptionnel.Mais, malheureusement, beaucoup de ces fabricants sont des sociétés de taille modeste face à une concur- rence mondialisée. Peu d’entre elles ont les moyens d’investir à la fois en recherche-innovation, en marketing, en process de fabrica-

12 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

tudes en matière d’achat d’art de la table. Ainsi, par exemple, le marché de la liste demariage s’est littéralement écroulé, les dîners assis sont remplacés par des apé- ritifs dînatoires. Les fabricants et les distributeurs ont subi de plein fouet ces changements, nécessi- tant d’adapter l’offre. Dans le même temps, les nom- breuses émissions culinaires télévisées ont conforté les Fran- çais dans leur envie de cuisiner, dynamisant le mar- ché des articles culinaires, mais l a i s s a n t d a n s l’ombre le plaisir d’une belle table, laissant le champ libre au dévelop- pement des ventes de produits d’art de la table plus basiques, bien loin, souvent, de la qualité des produits fabriqués par nos industriels au savoir-faire exceptionnel. Le marché a ainsi été tiré vers le bas, profitant d’une offre extraor- dinairement large de produits fabriqués en Asie et dopés pen- dant de nombreuses années par un dollar américain faible. Enfin, le bouleversement de la profession est également apparu en matière de distribution. Bien entendu, dans notre secteur comme dans bien d’autres, Inter- net a changé la donne en ouvrant un nouveau canal de distribution.

alchimie entre la qua- lité des mets, la présen- tation de la table et l’art de recevoir. Ace titre, la

Vous avez récemment été élu à la présidence de la CAT. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette orga- nisation, son fonctionnement, sa vocation et ses actions ? THIERRY VILLOTTE: «LaConfédé- ration des Arts de la Table est une association qui regroupe tant les fabricantsquelesdistributeursd’art de la table et d’articles culinaires. Elle a pour vocation naturelle de fédérer les professionnels de cette filière qui pèse lourd. Le chiffre d’affaires généré par notre univers en France représente 4,8 milliards d’euros, pour 44 000 salariés. Avec l’aide des administrateurs qui représentent paritairement les fabricants et les distributeurs, la Confédération cherche à resserrer lesliensentretouslesintervenants, à parler d’une voix commune auprès des pouvoirs publics et à animer lemarché.Mais avant tout, le rôle de la Confédération est de rappeleràtouslesconsommateurs etprofessionnelsdelarestauration l’importance de l’art de la table. Nous, Français, avons un attache- ment très particulier à l’impor- tance que représente le partage d’un repas. C’est au cours d’un repas que se créent les liens entre génération d’une famille, que se crée l’amitié, que se développe l’amour, ouque se font les affaires. Pour que ce repas soit réussi, qu’il s’agisse d’un repas ancré dans le quotidien, ou d’un repas qui revêt un caractère plus festif ou plus exceptionnel, il doit y avoir une

vaisselle, les couverts, les verres, la décoration de la table sont un élément clé de succès. Savoir recevoir, c’est prendre soin des autres. Faire une belle table, même pour le repas familial du soir, c’est montrer à ses hôtes, à sa famille que l’on tient à eux. L’art de la table, c’est un art de vie.

C’est ce message que la Confédération porte et doit porter. Po u r p o uv o i r mener nos diffé- rentesactions,nous savons que nous pouvons compter sur le soutien de Francéclat. Cet organisme collecte la taxe parafiscale sur l’art de la table, taxe mise en place

« Faire une belle table,

même pour le repas familial du soir, c’est montrer à ses hôtes, à sa famille que l’on tient à eux ».

à la demande des professionnels pour pouvoir soutenir l’ensemble de la filière, voilà près de 15 ans ». Quelregardportez-vous surl’évo- lution des arts de latable ces der- nières années et quelles sont les grandes tendances actuelles qui traversent la profession ? THIERRY VILLOTTE : La profes- sion a été bouleversée au cours de ces 15 dernières années. Le consommateur a changé sa manière de prendre ses repas et, par là même, a changé ses habi-

13 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

D O S S I E R

Mais au-delà, de nombreux nou- veaux distributeurs sont apparus, mêlantsouventl’artdelatableàun univers complet de décoration et d’équipement de lamaison.

intervenants. Cela permettra éga- lement à un fabricant de véhiculer jusqu’au client final, en passant par les réseaux de vente, l’inté- gralité du message marketing et commercial de chaque produit. Nous allons aussi travailler à la mise en place d’un programme de formation des différentes forces de vente. Nos produits sont tech- niques, font appel à des savoir- faire exceptionnels, ont une his- toire, une raison d’être. Nos forces de vente doivent savoir véhiculer ces messages auprès des consom- mateurs, avides d’information pour donner du sens à leurs achats. Enfin, avec l’aide de Fran- céclat, nous allons trouver les dif- férents vecteurs de communica- tion pour partager avec les consommateurs notre passion de l’art de la table. Nous avons testé avec succès en 2017 l’utilisation d’un nouveau terme « le tabling ». Le tabling, ce n’est, ni plus ni moins que cet art de recevoir que j’évoquais plus tôt. Il semblerait queceterme,moinscompasséque celui « d’art de la table » soit posi- tivement perçu par les plus jeunes consommateurs. Nous allons continuer en ce sens pour créer l’envie. Nous avons beaucoup à faire. L’énergie est positive dans toute la profession, parce que c’est une profession de passionnés. La conjugaison de toutes ces éner- gies, de toutes ces passions per- mettra de poursuivre le redresse- ment de la filière ».

et les faiblesses de notre filière, débouchant sur 28 propositions d’actions. Ce plan guidera pour les années à venir nos actions. Les actions

Ainsi, aujourd’hui, l’offre n’a jamais été aussi large et diffusée dans un réseau de vente aussi large. Un vrai challenge pour les acteurs t rad i t i onne l s . Cette mutation est en cours. Pour la première fois, après des années de baisse, nous avons publié un

que nous mettrons en œuvre dès 2018 sont de plusieurs na t u r e s . S an s toutes les citer, on peut évoquer le renouvellement d’une grande opé- ration d’anima- tion du marché : « Videz Vos Pla- cards ». A l’occa- sionduprintemps, nous invitons les consommateurs

« Pour la première fois, après des années de baisse, nous avons publié un chiffre d’affaires de la filière en progression de 4 % entre 2014 et 2016 ».

à rapporter dans les points de vente leurs anciens articles d’art de la table et leurs anciens articles culinaires. Pesés, ils permettent aux consommateurs de faire une bonne action, ces produits étant collectés puis redistribués par Emmaüs. Le consommateur reçoit en outre des bons de réduc- tion pour renouveler sa vaisselle. En 2018, nous poursuivrons un grand chantier que nous avons initié en 2017. L’ambition est de standardiser les formats de fichiers échangés entre fabricants et distributeurs, en s’appuyant sur le savoir-faire d’un organisme mondial de normalisation. Ceci permettra de digitaliser les flux d’information liés aux com- mandes et aux facturations entre

chiffre d’affaires de la filière en progression de 4% entre 2014 et 2016. Un fait encore plus mar- quant : les 553 fabricants français ont enregistré une progression de leur chiffre d’affaires de 9.5%. Preuve s’il en était besoin de la formidable résilience de cette filière ». Quelles sontvosprioritésd’action à la tête de la CAT et les grands rendez-vous prévus pour l’année 2018 ? THIERRY VILLOTTE : « Mi-oc- tobre 2017, j’ai présenté un très large plan d’action à la profession réunie en colloque à l’initiative de la Confédération des Arts de la Table. Pendant deux journées, nous avons analysé les forces

14 Marchands de bonheur n°16 - 1 er trimestre 2018

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