La Presse Bisontine 204 - Décembre 2018

BESANÇON 16

La Presse Bisontine n°204 - Décembre 2018

SANTÉ

Innovation Hypnov’ veut mieux préparer le passage à la chirurgie Son système d’hypnose pré-opératoire a séduit les professionnels de santé et figure au palmarès du Hacking Health 2018 de Besançon. Audrey Amiotte espère pouvoir réaliser de premiers tests d’ici un an.

C omme beaucoup d’infirmières, elle est souvent confrontée à l’anxiété de ses patients. Dans son service de soins intensifs au C.H.R.U. Minjoz, Audrey a recours à toutes sortes de “jeux hyp- notiques” pour réaliser certains actes médicaux. “J’utilise une feuille pour bloquer l’attention sur la respiration,

j’invite à fixer une pendule et viser dans le mille ou à mettre une image sur la douleur” , énumère-t-elle, “ce qui me permet de réaliser une prise de sang ou de soulager en partie des maux de tête.” Formée à l’hypnose thérapeutique depuis quatre ans (avec un D.U. hyp- nose et douleur de l’Université de Stras-

L’équipe qui a participé à la mise en place du concept au Hacking Health.

bourg en poche), elle y voit de nom- breux bénéfices. “Cela permet de dépas- ser certaines limites comme les pho- bies ou les allergies à des anesthésiants. L’hypnose aide aussi à avoir un autre vécu de son hospitalisation. Agir en amont change la donne sur la suite de l’opération et la rééducation. On est plus vite extubé, il y a moins de médi- cation…” En s’inspirant de ses différentes séances d’hypnose, elle a donc eu l’idée demettre au point un dispositif multi-sensoriel “qui serait à l’usage des patients, sans être chronophage pour le personnel soi- gnant qui aurait juste à le mettre à dis- position.” Le point de départ était assez vague et s’est peu à peu précisé sur le marathon de l’innovation en santé, qui se tenait du 19 au 21 octobre dernier. “Le Hacking Health facilite vraiment l’accès à la recherche du plus grand nombre” , salue-t-elle.

cal. “Quand on arrive pour son inter- vention la veille, loin de ses repères habituels dans la chambre d’hôpital, on peut être envahi par toutes sortes de peurs. L’idée est de proposer une façon de s’évader.” Sachant qu’en hyp- nose, “on est à la fois un peu ici et ailleurs” , rappelle Audrey Amiotte. Au-delà du coût de l’équipement très abordable pour les hôpitaux - “cela ne devrait pas excéder les 1 000 euros” -, cet outil aura aussi l’avantage de s’adap- ter à tous les services hospitaliers.Avec différentes séances diffusables, plus axées sur la cicatrisation et la douleur en chirurgie cardiaque, sur la respi- ration en pneumologie, la dynamique de vie en maternité… “L’objectif étant aussi de faire connaître l’hypnose à l’hôpital, car une fois les a priori dépas- sés, c’est une solution qui répond à bien des attentes de patients.” n S.G.

Son projet, aujourd’hui accompagné et “boosté”, s’est monté sur place avec une petite équipe d’étudiants ingé- nieurs. “On s’est dirigé sur une pyra- mide à quatre faces qui inclurait deux faces auditives pour la diffusion d’une séance hypnotique et de musiques, une face où se trouverait un écran tactile

Avec sa pyramide multi- sensorielle, Audrey Amiotte veut faire connaître les bénéfices de l’hypnose à l’hôpital.

(alimenté par les ser- vices) et un autre où serait rangé un gant kinesthésique pour l’hypno-analgésie.Avec une sphère en son som- met pour projeter des images.” Le goût et l’odorat pourront, eux, être induits par sug- gestion hypnotique. L’ensemble se présen- te davantage comme un outil de bien-être qu’un dispositif médi-

L’opération et la rééducation sont facilitées.

EN BREF

THÉRAPIE

Gestion de la douleur Ces futures mamans qui choisissent l’hypnose

Secours populaire Le Secours populaire français organise un loto géant dimanche 25 novembre au complexe sportif de la Malcombe. Début des parties à 14 heures précises, ouverture des portes à 12 h 30. 82 quines en jeu pour une valeur globale de 4 500 euros dont des bons d’achat de 15 à 500 euros et de nombreux appareils électro-ménagers. Réservation et renseignements au la boiteaquine2525@gmail.co m. Pour toute réservation : 1 carte offerte pour une partie surprise. Loto animé par Zora. Movember Contraction de Mo pour Moustache et de November, l’opération Movember lancée par la Mutualité Française Comtoise a pour but de sensibiliser le grand public à la santé des hommes. Chaque mois de novembre, les hommes du monde entier sont invités à se laisser pousser la moustache dans le but de sensibiliser l’opinion publique et de lever des fonds pour la recherche dans les maladies masculines telles que le cancer de la prostate. Le 15 novembre, les salariés de la Polyclinique de Franche- Comté se sont fait tailler de belles moustaches. 06 03 95 26 37 ou 03 81 25 43 69 ou

La pratique est entrée il y a quelques années dans les salles de travail et permet de vivre différemment l’accouchement. Plusieurs sages-femmes bisontines s’y sont formées.

V ue comme une alterna- tive ou un complément à la péridurale, l’hyp- nose intervient surtout autour du vécu de l’accouche- ment. Avec des séances pro- posées lors de la préparation à la naissance, pendant le tra- vail mais aussi après, durant les suites de couche. “Cela per- met de gagner en confiance et de rester actrice” , constate Clé- mentine, sage-femme bisonti- ne qui exerce à la fois en libé- ral et à la Polyclinique de Franche-Comté. Elle est elle- même venue à l’hypnose péri- natale, après 12 ans de servi- ce, en observant la médicalisation croissante de l’accouchement. “Cela m’a tout de suite plu. Je voyais bien les limites de nos pratiques : cer- taines femmes se sentant dépos- sédées de leur accouchement en raison de trop fortes dou- leurs et d’interventions chi- rurgicales, ou à l’inverse d’une péridurale trop dosée qui leur retirait les sensations.”

Après avoir convaincu son employeur, elle se forme donc à l’institut français de l’hyp- nose à Paris et conforte ensui- te ses acquis avec un diplôme interuniversitaire d’hypnose médicale et clinique obtenu à Dijon. Dans son sillage, la Poly- clinique lance un pôle de thé- rapies complémentaires et deux de ses collègues décident de se former. “Cette année, une autre sage-femme devrait aussi pas- ser un diplôme universitaire.” Les futures mamans sont en

durée de travail, entre autres. Et si l’hypnose n’a pas encore prouvé scientifiquement son efficacité sur la douleur obs- tétricale, elle a en tout cas fait ses preuves sur le vécu de l’ac- couchement, “ce qui est pri- mordial, car cela aura aussi une incidence sur la relation au bébé.” Concrètement, cela passe par divers exercices comme le safe place (endroit imaginaire où le sujet se construit un senti- ment de sécurité), la relaxa- tion, la réification de la dou- leur ou l’accompagnement de la contraction. “J’associe aus- si dans mes séances un embout appelé “winner flow” pour le contrôle du souffle. On met à sa disposition toute une boîte d’outils que la patiente pour- ra réutiliser le jour J. L’idée étant également de la rendre autonome” , explique Clémen- tine. Plusieurs de ses patientes disent ainsi s’être mises dans une bulle. L’une dit même que

demande et les professionnels, eux, voient l’ef- ficacité de la méthode avec des menaces d’accouche- ments préma- turés repous- sés, une diminution des nausées et des vomissements et un raccour- cissement de la

“Cela n’a rien de magique.”

L’hypnose permet de reconnecter la femme à ses capacités à accoucher d’après Clémentine.

vient avant tout d’un travail de la patiente et des compé- tences physiologiques et psy- chologiques qu’elle a en elle.” n S.G.

son cerveau “était parti en vacances.”Attention toutefois, on reste loin de la pratique spectacle des prestidigitateurs. “Cela n’a rien de magique. Cela

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