MeeT and TRaVeL MaG n°88 mai-juin 2026
RENCONTRE AGENCE
« Nous avons toujours des clients qui veulent programmer des destinations long-courriers mais nous voyions bien, depuis la crise du Covid, qu’il y avait un recentrage vers des destinations court ou moyen courrier, voire la France. »
nous ne maîtrisons pas dans notre métier, qui sont la météo et le transport aérien. Pour la météo, on peut toujours trouver des solutions de repli, mais pour l’aérien, on a les mains liées. Les surcharges liées au carburant peuvent monter assez vite, de 80 à 100 euros par tronçon sur un vol long-courrier. Je pense que cela aura un impact sur nos évènements, surtout dans les nouveaux appels d’offres car pour ceux qui sont déjà engagés, nous sommes protégés contractuellement. M&T – Comment vos clients se projettent-ils pour leurs futurs évènements ? Y a-t-il un repli sur des destinations en Europe ou en France ? Nous avons toujours des clients qui veulent programmer des destinations long-courriers mais nous voyions bien, depuis la crise du Covid, qu’il y avait un recentrage vers des destinations court ou moyen courrier, voire la France. Je pense que cela va s’accentuer parce qu’on observe une vigilance renforcée sur les budgets. Les tarifs de l’aérien ont beaucoup augmenté ces dernières années, si bien qu’on ne peut plus, comme avant, monter des programmes à moins de 1 000 euros pour trois jours-deux nuits. Nos clients restent animés par l’envie de pérenniser leurs évènements, mais ils sont incontestablement plus prudents.
M&T – Quels ont été les effets immédiats du conflit au Moyen Orient sur vos opérations depuis son déclenchement début mars ? La priorité a été de rassurer nos clients et de limiter les risques, pour deux de nos opérations long-courriers en particulier. Nous avions d’abord un départ de 300 personnes à Singapour le 23 mars, à travers 5 vols, mais uniquement via des villes d’Europe, ce qui a sauvé le dossier. Au fil des semaines nous avons constaté que les vols arrivaient en temps et en heure, et l’opération a été maintenue. Nous avions ensuite cinq rotations à destination de l’Afrique du Sud de mi-mars à fin avril, dont deux via Dubaï et le Qatar. Il a fallu reporter l’une à décembre, et trouver d’autres vols pour l’autre. Pas au même tarif, mais pour moi il était impossible de faire partir des gens via le Moyen Orient dans ces conditions. M&T – À quelles conditions financières ces ajustements ont-ils pu avoir lieu ? Il y a des frais de report importants concernant le groupe repositionné en décembre, qui correspond à la haute saison en Afrique du Sud, même si Emirates et Qatar Airways ont appliqué des conditions plutôt confortables. Même chose pour la rotation qui a nécessité de trouver d’autres vols à des tarifs différents. Nous avons pris le parti de partager le surcoût avec notre client, pour pérenniser notre collaboration notamment. Disons qu’on limite la casse, car les conséquences financières peuvent vite être très importantes dans ce type de situation. Si l’opération à Singapour avait été annulée, on aurait perdu la totalité du dossier. Je peux comprendre que les annonceurs n’aient pas envie de prendre de risque, ou que certains participants aient peur de voyager, mais la peur n’est pas un motif d’annulation au regard des contrats. Nous avons dû prendre des décisions très vite tout en faisant preuve de souplesse, ce que les agences réceptives ont fait également. La crise du Covid nous a appris beaucoup de choses et nous sommes capables de gérer ce type de contexte désormais. M&T – Comment votre activité est-elle affectée à l’horizon de ces prochains mois, notamment en raison des surcharges liées au carburant dans le secteur aérien ? Nous avons très vite reçu des annonces de compagnies aériennes imposant des surcharges liées au prix du carburant, et j’ai envie de pousser un petit “coup de gueule” sur le sujet. Il y a deux choses que
Emmanuelle Denden
Directrice générale de Pulséa Propos recueillis par Anne Golec
18 | MEET AND TRAVEL MAG
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