MeeT and TRaVeL MaG n°87 mars-avril 2026

RENCONTRE AGENCE

« On nous demande notamment de réduire l’empreinte carbone, de faire un rapport d’impact, ou encore de proposer des actions sociales dans les évènements. »

plutôt stables. On doit être astucieux et créatifs pour produire les évènements qu’ils souhaitent tout en maîtrisant les évolutions tarifaires. M&T – Quelle forme l’innovation évènementielle doit-elle prendre aujourd’hui selon vous ? L’innovation, d’une part, doit contribuer à atteindre des objectifs de transformation, qu’il s’agisse de déclencher un engagement ou une décision chez les participants d’un évènement. D’autre part, elle doit être responsable et mesurable. On nous demande notamment de réduire l’empreinte carbone, de faire un rapport d’impact, ou encore de proposer des actions sociales dans les évènements. Comme aider une association à restaurer une maison pour les jeunes en Colombie, ou préparer des repas pour des sans-abris, qui sont des exemples de réalisation. Lors de ce type d’action les participants se rapprochent, parlent avec des locaux, et surtout, ils sont acteurs. Cela permet à la fois de faire découvrir une destination autrement et de répondre aux nouvelles attentes. M&T – Est-ce un défi de rester une agence indépendante ? C’est plus un choix qu’un défi. Évidemment, il y a des défis à relever parce qu’il y a la pression des grands groupes qui bénéficient d’économies d’échelle, d’une puissance d’achat et de production, et d’une capacité à investir différentes. Mais je vois que de notre côté nous avons une agilité décisionnelle qui n’a pas de prix. Nous avons aussi une relation directe avec les décideurs, une neutralité et une liberté créative, ce qui est intéressant. Cela exige toutefois d’avoir un positionnement très clair et une discipline financière irréprochable.

M&T – Boulevard de la Stim commence un nouveau chapitre de son histoire, avec l’arrivée d’une nouvelle direction. Comment celle-ci est-elle composée ? Notre nouveau président, Jérôme Bussière, a racheté l’agence tout récemment. Il est arrivé début 2026. Après une longue carrière dans la finance internationale, il a décidé, une fois de retour en France, de se tourner vers un métier créatif. Le regard neuf qu’il apporte est très enrichissant. Quant à moi, cela fait trois ans que j’assure la fonction de directrice générale de l’agence, et je continue de découvrir le métier après avoir travaillé côté client. J’ai notamment animé un réseau de distribution de pièces automobiles, qui m’a amenée à organiser de nombreux évènements. Notre ambition est de continuer de développer l’agence, à la suite d’Éric Charonnat qui l’avait fondée en 1991. M&T – L’agence porte dans son nom sa vocation originelle de stimulation des ventes. Comment le périmètre de son activité évolue-t-il ? Historiquement, Boulevard de la Stim est une agence tournée vers le tourisme d’affaires, et à taille humaine puisque nous sommes neuf. Le périmètre d’activité des agences comme la nôtre a évolué de façon impressionnante et en peu de temps. Au départ, c’est une maîtrise logistique de terrain qui était attendue lors des voyages de stimulation. Au fil des années, de nouvelles demandes n’ont cessé d’émerger, ce qui nous a conduit à organiser des salons professionnels, des séminaires, des conventions. Puis il a fallu scénariser, intégrer des valeurs comme la RSE, et désormais maîtriser le digital et l’IA. Aujourd’hui il y a une demande d’hyper-personnalisation, ce qui exige beaucoup de temps. Les dernières tendances sont orientées vers le partage d’expériences et le retour aux valeurs profondes de la découverte. Les gens ont en effet tellement voyagé qu’il n’est plus possible de procurer une dimension inédite, un effet “wow”, comme avant. Pour finir, un évènement doit aussi produire des indicateurs de valorisation, au même titre qu’une campagne de communication par exemple. On est très loin du voyage de stimulation d’il y a trente ans. M&T – Est-ce que cela implique une autre façon de se positionner ? Boulevard de la Stim est, depuis sa création, positionnée comme une agence de destinations long-courriers, bien que nous organisions aussi des salons ou des plénières dépassant 500 participants avec énormément de technique intégrée. Nous allons communiquer davantage pour que l’agence soit mieux identifiée à ce savoir-faire, et continuer de renforcer la partie créative, qui est un travail de tous les jours. M&T – Comment se présente la conjoncture cette année ? Les appels d’offre que nous recevons montrent qu’une forte demande de rassembler perdure. Mais il y a un décalage entre l’augmentation des coûts, qui s’enflamment, et les budgets de nos clients qui restent

Directrice générale de Boulevard de la Stim Propos recueillis par Anne Golec Florence Galisson

NUMÉRO 87 | MARS - AVRIL 2026 | 17

Made with FlippingBook - Online catalogs