Finance&Gestion 381 (Juillet/Août 2020)

En aparté

Si l’argent n’a

pas d’odeur

En effet, l’odorat étant en lien direct avec notre cerveau limbique, siège des émotions, il a le pouvoir de réveiller des émotions liées à des souvenirs parfois enfouis voire inconscients. Le plus archaïque de nos sens peut nous sauver la vie en détectant une odeur de gaz pendant notre sommeil et nous alerte sur une nourriture avariée. Il est notre instinct, notre intuition, notre radar social et influence jusqu’au choix de nos partenaires intimes. Alors vous vous demandez peut-être à quoi ressemble un atelier olfactif ? En sentant des fra- grances en aveugle, les participants sont invités à partager leur voyage intérieur et à verbaliser leurs émotions et ressentis associés aux diffé- rentes odeurs. Le recours à la stimulation olfac- tive libère la parole et renforce de façon pérenne les relations interpersonnelles en entreprise. Au-delà de l’exploration des valeurs de l’en- treprise et de la mise en résonance valeurs et odeurs, ces séances olfactives basées sur le team building et la créativité visent à fédérer les colla- borateurs autour d’une expérience originale. En leur apportant du sens et de la clairvoyance, les équipes gagnent en efficacité collective. Et pour celles et ceux qui resteraient encore sceptiques, juste un conseil : sentez, respirez, reniflez, humez en toute occasion car par cette simple action, votre cerveau libère des endor- phines, l’hormone du plaisir ! Et sans effets secondaires, contrairement au chocolat !

En associant odeur et argent, Vespasien nous rappelle que sous l’Empire romain, l’odeur est omniprésente : dans les bains, haut lieu de la vie sociale, les banquets fastueux et naturelle- ment lors des rites religieux. Lors des offrandes sacrées, les fumigations de résines et bois « transportent » les prières adressées aux dieux. À travers cette fumée, «  per fumum » , se loge l’origine du mot parfum. Puis, la fonction sacrée évolue pour devenir thé- rapeutique. Les remèdes d’apothicaires à base de plantes aromatiques soignent pendant des siècles et sont à l’origine de notre pharmacopée actuelle. Au Moyen-Age, la conviction du pouvoir préven- tif et curatif des odeurs est telle que, lors des épidémies de peste, les médecins arborent un bec de peste garni de plantes aromatiques qui filtrent l’air vicié et protègent le praticien contre les odeurs des maladies censées propager la contagion. C’est en 1919 que le chimiste français Gatte- fossé donne naissance à l’Aromathérapie et l’Olfactothérapie dont les bienfaits sont recon- nus aujourd’hui par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé). En respirant les huiles essentielles issues des plantes aromatiques, l’olfactothérapie soulage les maux du quotidien, améliore l’équilibre psy-émotionnel et apporte un bien-être immé- diat et durable.

62 FINANCE&GESTION | Juillet Août 2020

PAR JACQUELINE PADILLA Olfactothérapeute, Nez Plus Ultra

Investissez sans risque dans les odeurs pour donner du sens et de la matière à vos chiffres, à vos valeurs, à votre projet d’entreprise. Par cette action innovante, vous capitalisez sur le pouvoir émotionnel de l’odorat pour parler autrement de trésorerie, de cash ou de flux financier. Excellent placement à long terme et véritable levier de performance, l’odeur et ses effluves volatiles fructifient votre capital humain. Pourquoi prétend-on que « l’argent n’a pas d’odeur »? L’expression «  pecunia non olet » est attribuée à l’empereur romain Vespasien qui, pour ren- flouer les caisses de l’Empire, aurait fait installer des toilettes publiques payantes, les fameuses vespasiennes ! Critiqué pour cette mesure injuste, il aurait rétorqué que si les toilettes s’ac- compagnaient d’odeurs nauséabondes, il n’en était rien de l’argent ainsi récolté.

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