journal d'une transition
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*14-6-1993, Auroville : Visite du Vice Président de l’Inde, K. Narayana : les routes bloquées, la police partout, la cohue, et un temps gris, immobile… Des moments difficiles avec Arjun, qui ne parvient pas à se retirer d’une énergie très contraire… *15-6-1993, Auroville : Il y a eu hier un incident dans la Chambre, au cours duquel Vinod, en tant que garde de service, a semble-t-il offensé les policiers lors de la visite du Vice Président ; et aujourd’hui l’affreux jojo du poste de Kottakuppam est venu chercher Vinod au Camp ; j’essaie, malgré le passé de Vinod, de mobiliser pour lui un peu de soutien…
*20-6-1993, Auroville : Kusum me demande de voir le petit temple de Ganesh, dont elle s’occupe depuis plus de 20 ans, pour que je la conseille et l’aide à quelques travaux nécessaires…
*21-6-1993, Auroville : Les problèmes des uns et des autres s’accumulent plus vite que l’on est capable d’avancer… … Je me trouve trop souvent dans la position de cible ou de bouc émissaire, et il y a certainement un mouvement à changer en ce qui me concerne ; simplement, je ne suis pas conscient de ce qui m’est demandé ; c’est très pénible ! … Tout est tellement mélangé : dans les mêmes consciences, un germe de vérité, qui émerge d’un marasme persistant, et pas le pouvoir de changement ; mais, parce que ce germe de vérité est là, cela impose ou oblige à de la tolérance, à une acceptation patiente, et ainsi on avale en même temps une masse de fausseté, de drame et d’intensité obscure… *22-6-1993, Auroville : Gajendran vient, tôt le matin, me conter ses problèmes personnels – typiques de cette culture, et pour lesquels Auroville n’offre encore aucune solution… Il me semble qu’il faudrait être considérablement plus exigeant dans l’acceptation de nouveaux résidents, d’où qu’ils viennent ; que les conditions d’admission soient beaucoup plus strictes qu’elles ne le sont à présent… Mais je ne sais rien ; et je n’ai ni la capacité ni les moyens d’aider plus ou mieux que je ne le fais… *23-6-1993, Auroville : Un peu de paresse aujourd’hui ; et j’ai trouvé une petite chouette, mourante, qu’un corbeau avait attaquée et blessée ; sans vraiment le vouloir, je la ranime et la ravive ; puis Shivan et moi allons la porter à « Gratitude » pour que Ditra la soigne… … Narayana est de nouveau fixé sur moi, avec cette grimace infernale, et cette amertume intarissable…
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