journal d'une transition
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– le rêve de Mère – qu’il nous faut devenir capables de matérialiser, et qui serait l’offrande de la Nature et de l’Homme ensemble… Sa réaction a été violente, autoritaire, dictatoriale, et il m’a accusé d’être le fauteur de troubles qui vient miner l’atmosphère… Je lui ai répondu qu’il n’était pas honnête… Son attitude révèle tout u ensemble de manipulations qui s’expriment ces jours-ci de plusieurs manières… Ainsi il a demandé à Walter de préparer un questionnaire pour circulation dans la communauté, invitant à réfléchir aux qualités, attributs, caractères, substances, expressions, de chacun des douze Jardins intérieurs, sans avoir aucune intention d’en tenir compte autrement qu’en récupérant les réponses dans son propre concept minimaliste et spectaculaire qui est plus celui d’un décorateur… Cela a été un moment très pénible…
*25-1-1994, Auroville : Réunion de Coordination dans l’après-midi ; beaucoup de rire partagé : cela aide, car la situation est plutôt mauvaise ! Et en ce qui me concerne, je suis de nouveau la cible reconnue, l’agent de la disharmonie perçu comme un obstacle… !
*26-1-1994, Auroville : Journée de congé national ! Tout est tranquille, mais il y a une tension sur mon chemin…
Arjun est en campagne pour contrer l’attention négative, et activement chargée, qui me prend perversement pour cible, afin d’éviter ainsi de faire face à d’autres questions – celle des Jardins, par exemple. Mais le fait même qu’il sente cette nécessité de lutter ainsi me rend plus vulnérable à une attaque dont je pourrais autrement m’isoler, si ses termes ne m’étaient pas sans cesse rapportés… La position d’Asha, une fois de plus, me laisse avec l’impression d’être sali, souillé : c’est curieux comme tout ce jeu de forces persiste, jusqu’à ce que nous soyons entièrement donnés… … Ce matin, tôt, Patricia est venue me confier son « mal d’amour » : elle s’est entichée de John H… ! … Dans la journée, Arjun est venu me raconter son entretien avec Jacq ; cela me cloue dans un malaise tendu : pourquoi faut-il qu’il s’agisse de « moi », alors que c’est une question de travail et de direction, du vrai travail et de l’engagement de chacun… ? Alors je retombe dans cette fosse : si réellement ce que je suis est l’instrument de ce qui empêche, alors que je me retire, tout de suite, à l’abri de tout ça ! La pression des autres, surtout quand ils se croient investis du droit de juger, est une fausseté qui déforme tout et manque à tout… … Je rédige un texte en réponse à la lettre ouverte de Karel sur la question du financement du développement d’Auroville (l’exposé « rationnel et sensé, réaliste et de bonne volonté » des mêmes vieilles méthodes !)…
*27-1-1994, Auroville : Je vais au ralenti, en lutte pour offrir ce qui en moi est lié encore à toute cette obscurité que les gens jettent sur moi… Je me sens physiquement vulnérable : le corps se heurte plusieurs fois dans le travail… Il y a la tristesse, et le mouvement
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