MeeT and TRaVeL MaG n°87 mars-avril 2026
ZOOM
DEUX ROYAUMES EN UN PETRA/ALULA PAR
FRANCOIS PERRUCHE
De Petra en Jordanie à AlUla, au nord-ouest de l’Arabie Saoudite, un périple initiatique sur les chemins des caravanes de l’encens et de la myrrhe, à la découverte de la mystérieuse civilisation nabatéenne. S i Petra, l’éblouissante capitale nabatéenne creusée dans les montagnes surplombant le Neguev, est aujourd’hui l’un des hauts-lieux du tourisme jordanien, il n’en va pas de même firent creuser à leur gloire posthume ces gigantesques monuments funéraires, merveille archéologique aujourd’hui inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.
d’AlUla, son pendant civilisationnel méridional perdu dans les canyons de grès des montagnes du Hedjaz, en Arabie Saoudite. Quelques 700 km les séparent le long de l’antique voie des caravanes qui assurait le commerce de l’encens et de la myrrhe depuis le Yemen jusqu’à la Méditerranée. Tombé dans l’oubli pendant près de 2 000 ans, cet itinéraire caravanier resurgit depuis peu dans les sables du désert saoudien, permettant une découverte complète de la sphère culturelle nabatéenne jusqu’à Hegra/AlUla, lointaine banlieue sud du prodigieux Royaume de Petra. Aujourd’hui et grâce aux liaisons aériennes assurées depuis peu par Royal Jordanian entre Amman et AlUla, il est possible de programmer sur 5 à 6 jours la visite de ces deux sites éblouissants, tout en découvrant ce qui fait le charme et la différence de ces deux royaumes du désert, le Jordanien et le Saoudien. DE PETRA AU WADI RUM Première étape donc, Amman, avant de rejoindre en 4 h de route Petra, au sud de la Jordanie. Fabuleuse cité des morts alignant des centaines de tombeaux et de temples sculptés dans les falaises de grès d’un cirque de montagnes polychromes surplombant la dépression courant de la Mer Morte au golfe d’Aqaba, la capitale des Nabatéens est assurément l’un des plus grands chocs émotionnels et esthétiques que l’on puisse ressentir au Proche-Orient. Elle se découvre à l’issue d’une marche serpentant le long du Siq, étroit défilé aboutissant au Trésor, tombe supposée du roi Arétas IV et monument le plus célèbre de Petra. De là, le cirque de falaises s’élargit en une vaste nécropole de sépultures troglodytes creusées à flanc de roches jusqu’au Monastère, autre tombe emblématique située à quelques kilomètres sur les hauteurs. Toute la majesté de ce royaume onirique scintille là sous le soleil, témoignant des différentes cultures qui ont façonné cette grandiose cité des morts. Une journée suffit à peine à parcourir cet immense ensemble minéral illustrant la puissance de ceux qui
Le sud jordanien ne s’arrête pas là, et après une nuit à l’hôtel – des dizaines d’établissements accueillent aujourd’hui les visiteurs dont le très récent Petra Pillars Hôtel (133 chambres), récemment ouvert sur les hauteurs du village –, une autre visite conduit aux formations rocheuses décharnées du désert du Wadi Rum, théâtre entre autres des exploits de Lawrence d’Arabie. Malheureusement, le succès du lieu auprès des trekkeurs et autres amateurs de randonnées à dos de chameau, a quelque peu altéré aujourd’hui la quiétude bédouine du site, des dizaines, voire des centaines de campements igloo festonnant chaque vallée de ce désert qui n’en est plus un.
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