BVA_NUDGE_2018

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Nudge et Politique Publique

Sciences comportementales et politiques publiques : un A.M.I. (1) qui vous veut du bien

Mariam Chammat et Stéphan Giraud, Chefs de projet sciences comportementales à la DITP

mariam.chammat@modernisation.gouv.fr; stephan.giraud@modernisation.gouv.fr Permettre à l’action publique de gagner en efficacité est à la fois une nécessité démocratique et un enjeu de performance. Une nécessité démocratique parce que l’action publique ne peut avoir d’objectif final autre que la satisfaction des citoyens. Un enjeu de performance parce que la puissance publique est comptable face à ces mêmes citoyens des dépenses engagées en leur nom. Cette recherche d’efficacité a conduit l’administration française à s’efforcer d’asseoir de plus en plus la fabrique des politiques publiques sur la connaissance des comportements réels de l’ensemble des populations et acteurs concernés. Plus spécifiquement, cette intention s’est traduite par un intérêt croissant ces dernières années pour les enseignements des sciences comportementales dans la sphère gouvernementale. Un premier chantier consacré à la promotion de la télédéclaration a ainsi été conduit en 2013, avant d’être suivi par d’autres projets principalement consacrés à des thématiques à forte « teneur comportementale » (sécurité routière, santé, environnement). La création fin 2017 de la direction interministérielle de la transformation publique (DITP), placée sous l’autorité du ministre chargé de la réforme de l’État, a été marquée par une ambition comportementale nouvelle. Celle-ci s’est traduite par la mise en place d’une équipe dédiée, à l’initiative notamment du lancement, courant 2018, d’un appel à manifestation d’intérêt auprès des administrations. Cet appel à candidature répond à un double objectif opérationnel : éprouver les apports possibles des sciences comportementales sur des sujets concrets, en recourant notamment à des alternatives aux modes « directifs » d’action publique (réglementation, fiscalité, etc.), et diffuser cette approche au sein de la sphère publique. Plusieurs critères ont été fixés afin de procéder à la sélection des projets. ◆ ◆ Des enjeux majeurs de politique publique : il s’agit de traiter prioritairement de thématiques à fort impact, autrement dit de sujets présentant des bénéfices évidents pour un large public. ◆ ◆ Des variables comportementales structurantes : l’objectif est de faire évoluer des prises de décisions, là où des freins comportementaux sont clairement identifiés, par opposition à d’autres barrières d’ordre structurel ou économique.

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(1) A.M.I. : appel à manifestation d’intérêt.

159 Guide de l'Économie Comportementale - 2018

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