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COMMUNE SUISSE 12 l 2016

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FUSIONS DE VALLÉES

Un processus qui

implique le cœur et

la raison

Dans les Grisons, le paysage communal est en train de subir un

profond remaniement: ce canton compte désormais près de 100

communes de moins par rapport aux 200 qui existaient en 2000.

Daniel Albertin, président de la nouvelle commune d’Albula/Alvra

depuis près de deux ans, estime que les fusions présentent plus

d’avantages que d’inconvénients.

Dans le plus grand canton de Suisse au

niveau de la superficie, il ne se passe pas

une année sans que des communes ne

fusionnent ici ou là. Ce sont presque tou-

jours des communes petites ou très pe-

tites qui se regroupent pour former une

nouvelle entité, sans pour autant cesser

par ailleurs d’être de petite taille.

«Cela nous facilite le travail»

Daniel Albertin est à la tête d’une telle

commune depuis le 1

er

janvier 2015.

Sept petites communes (Alvaneu, Al-

vaschein, Brienz, Mon, Suterva, Surava

et Tiefencastel) de tailles diverses et

comptant entre 80 (Mon) et 400 habi-

tants (Alvaneu) ont donné naissance à

la commune d’Albula/Alvra. «Même si

nous restons une petite commune, la

fusion nous a permis d’atteindre une

taille qui nous facilite sensiblement le

travail», déclare Daniel Albertin, 45 ans.

Le président, ou «mastral» comme on

dit en romanche, a auparavant été pen-

dant onze ans président de la petite com-

mune de montagne de Mon, loin au-des-

sus de Tiefencastel. Dans le même

temps, Daniel Albertin siège pour le PDC

au Grand Conseil de Coire; il est égale-

ment depuis peu membre du Comité de

l’Association des Communes Suisses.

Un long processus

Comme presque partout en Suisse, les

choses ne se sont pas passées de façon

idyllique dans la vallée de l’Albula avant

que la nouvelle commune puisse com-

mencer son travail début 2015. «En réa-

lité, ça a été un processus de maturation

qui a duré plus de dix ans», rappelle

Daniel Albertin. Le cœur et la raison ont

eu un rôle important à jouer.

Le canton, qui a été fortement sollicité

par des fusions de communes ces der-

nières années, et où le nombre de com-

munes est passé de 212 en 2000 à 114

aujourd’hui, aurait préféré la création

d’une seule grande commune allant du

col de l’Albula jusqu’àTiefencastel. Mais

il s’est heurté à diverses résistances. En

fin de compte, après de nombreuses dis-

cussions et la prise en compte d’innom-

brables avantages et inconvénients, sept

petites communes de la haute vallée de

l’Albula se sont rassemblées pour for-

mer la commune d’Albula/Alvra, dont le

nom double indique qu’elle regroupe

aussi bien des communes de langue al-

lemande que des communes de langue

romanche.

L’administration a été installée dans l’hô-

tel de ville deTiefencastel, qui est le lieu

le plus central de la commune d’Albula/

Alvra, même si cette commune n’est pas

la plus grande avec ses 250 habitants. Et

c’est ainsi que Daniel Albertin en assure

aujourd’hui la présidence pour un taux

d’occupation officiel de 40%. Mais les

premiers temps qui suivent une fusion

donnent souvent plus de travail que

prévu, de sorte que ses nouvelles fonc-

tions sollicitent aujourd’hui le mastral à

60% plutôt qu’à 40%. Le reste du temps,

il est agriculteur à Mon, là où il habite.

Un premier bilan positif

Après bientôt deux ans à la présidence

de la nouvelle commune, M. Albertin en

tire un bilan positif. Certes, les voix cri-

tiques qui s’élevaient pour les raisons les

plus diverses contre la fusion ne se sont

pas totalement tues. Mais plus la com-

mune existe depuis longtemps, plus les

citoyennes et les citoyens s’habituent aux

nouvelles structures. Dans la nouvelle

commune, tous les citoyens payent dé-

sormais le même prix pour un kilowatt

d’électricité: certains ont ainsi obtenu une

légère baisse de leurs tarifs, alors que

d’autres doivent payer un peu plus. Sur

le plan fiscal également, le résultat est

généralement profitable: à l’exception

des habitants de Tiefencastel, tous les

autres payent moins d’impôts. En fin de

compte, la plupart des citoyens ont donc

tiré un profit de la fusion. «Mais ce genre

de considérations pécuniaires doit bel et

bien être pris en compte dans une fusion

de communes», avertit le président. Le

citoyen sait parfaitement compter.

Plus la nouvelle commune travaille de-

puis longtemps, plus on voit se dissiper

la crainte initiale de la population que