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Lorsqu’ils tentaient de sortir de cette gorge, un
rideau de fammes les arrêtait. Aujourd’hui encore,
ces fammes sont bien visibles au petit jour, lorsque
les premiers rayons du soleil levant illuminent les
lames de schiste rouge qui hérissent les crêtes
au-dessus du val.
Légendaire, la forêt fut aussi
dévastée par un incendie en 1990
Sur la berge du Miroir-aux-Fées, un éclat
de lumière dans le sous-bois attire le regard vers le
tronc et les maîtresses branches d’un arbre entière-
ment doré à la feuille. Quatre autres arbres l’enca-
drent, tout aussi nus mais peints en noir, plantés
sur un tapis de pierres rougeâtres acérées dont les
pointes se dressent vers le ciel, telles des fammes.
C’est l’Arbre d’or. Le monument n’a rien à voir avec
la légende arthurienne mais il rappelle qu’en 1990,
une grande partie du massif forestier de Paimpont
disparut dans un incendie.
La partie nord de la forêt abrite les autres sites majeurs
de Brocéliande : le château de Comper, le Tombeau
de Merlin, les fontaines de Jouvence et de Barenton.
À Comper, le refet de l’actuel château dans le grand
étang qui le borde peut très bien fgurer le palais
de cristal que l’enchanteur Merlin édifa pour la fée
Viviane. De fait, ce palais magique possédait la vertu
de demeurer invisible au commun des mortels, pour
qui il prenait l’apparence d’un lac. D’un point de vue
historique, l’actuel château de Comper résulte d’une
forteresse médiévale démantelée à l’époque des guerres
de la Ligue (dernières années du
xvi
e
siècle), à partir
de laquelle fut bâtie, au
xix
e
siècle, un corps de logis
de style Renaissance. Aujourd’hui, Comper abrite le
Centre de l’imaginaire arthurien, association qui s’at-
tache à donner vie à la légende.
À la lisière de la forêt vers Saint-Malon-sur-Mel, le
Tombeau de Merlin est un vestige d’allée couverte au
milieu duquel a poussé un houx. Pendant des années,
ce mégalithe demeura perdu en pleine végétation, avant
de devenir un véritable lieu de pèlerinage, sujet de
curiosité pour tant de visiteurs qu’il fallut aménager
le site. Désormais féché et encadré de barrières, le
Tombeau de Merlin a perdu de son charme, mais peut-
être pas de sa magie puisque les enfants déposent des
dessins au creux des pierres, et certains adultes des
vœux naïfs. À quelque distance, au bord de l’étroite
route qui longe la futaie, la Fontaine de Jouvence ne
B R O C é l i a n d e
Pendant des années,
le Tombeau de Merlin
demeura perdu en pleine
végétation, avant de
devenir un véritable lieu
de pèlerinage, sujet de
curiosité pour les visiteurs.




