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COMMUNE SUISSE 12 l 2017

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J’étais tellement impressionnée que je

n’ai pas suivi l’entier du discours. Mais

je l’ai lu ensuite. Il était percutant et po-

litique avec des références à notre ville

mais aussi à la situation internationale.

Saint Nicolas nous encourage à ques-

tionner le monde et à rendre compte de

nos actions. Il y a aussi beaucoup d’hu-

mour dans ses discours. Je me sens

particulièrement concernée car je suis

bilingue et je comprends aussi bien la

partie en français que celle en allemand.

Auriez-vous voulu être vous-même

saint Nicolas et faire appel à la

conscience du peuple?

On ne peut pas devenir saint Nicolas, on

est né pour l’incarner (rire). Il vient

chaque année de Turquie et y retourne

après le cortège.

Sa maîtrise du français et de

l’allemand est impressionnante… Et

comment devient-on père fouettard?

Il faut s’engager dans le comité de la

Saint-Nicolas. Tous les élèves de troi-

sième année du Collège Saint-Michel

peuvent en faire partie. L’année passée,

nous étions une trentaine. Quelques se-

maines avant le cortège, on procède à

un tirage au sort pour savoir qui endos-

sera l’habit de père fouettard, qui

conduira l’âne et qui portera la crosse

épiscopale.

Avez-vous eu des difficultés à vous

glisser dans le rôle du sévère père

fouettard?

En fait, non. Avant le cortège, on nous

peint le visage en noir, même les lobes

des oreilles. Et on entre dans le person-

nage. Dès que le cortège s’ébranle, on

est le père fouettard et plus une élève.

Parfois, j’ai eu mauvaise conscience à

cause des réactions des enfants. Nous

ne les fouettons bien sûr pas, mais notre

rôle est de les effrayer afin qu’ils soient

sages l’année suivante. Et on remarque

comment ils prennent cela au sérieux.

Quelles sont les tâches du comité lors

des préparatifs?

Les membres du comité rédigent des

invitations ou demandent aux com-

merces de la vieille ville d’effectuer des

dons. Les élèves en option arts visuels

réalisent une carte de la Saint-Nicolas.

Le projet qui remporte le plus de voix est

imprimé. Chaque étudiant est tenu de

vendre douze de ces cartes. Le produit

de la vente est destiné aux enfants défa-

vorisés.

En tant que père fouettard, on doit

confectionner un fouet. L’école met en

revanche tout le reste à disposition. Le

cortège est notre tâche principale. Mais

c’est surtout une récompense. Pouvoir y

participer rend la fête encore plus ma-

gique.

Quelle est la signification de cette

tradition pour vous?

A la Saint-Nicolas, je me sens vraiment

fribourgeoise. C’est un sentiment d’ap-

partenance que je n’ai pas d’habitude.

En tant qu’élève du Collège Saint-Mi-

chel, je suis fortement ancrée dans cette

tradition. Notre gymnase organise la

fête depuis plus de 100 ans et je me sens

appelée à cultiver cette coutume.

Barbara Spycher

Traduction: Marie-Jeanne Krill

Infos:

https://www.st-nicolas.ch/

SAINT-NICOLAS