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Dossier familial
FAIRE LESBONSCHOIX #
Conso
COSMÉTIQUES
HALTE AUX SUBSTANCES
TOXIQUES!
LES PRODUITS D’HYGIÈNE ET DE BEAUTÉ
SONT-ILS SUSCEPTIBLES DE FAIRE
PLUS DE MAL QUE DE BIEN? VOICI
NOS CONSEILS POUR SE DÉBARRASSER
DES PLUS PROBLÉMATIQUES ET SE
PROTÉGER DES PERTURBATEURS
ENDOCRINIENS.
Par Hélène Huteau
’un côté, l’industrie de la cosmétique
qui tente de rassurer le public en
invoquant le respect des normes;
de l’autre, des études scientifiques qui viennent
régulièrement influer sur la réglementation
européenne et restreindre l’usage de certains
composants, voire les interdire. Entre les deux,
des associations de consommateurs et
environnementales qui alertent sur des
substances controversées, afin de pousser les
fabricants à évoluer. Il y a de quoi s’y perdre!
F
PETITS DÉSAGRÉMENTS
OURÉELS DANGERS ?
Différents types de risques coexistent. Dans
l’ensemble, les molécules de synthèse, issues
de dérivés du pétrole, se dégradent mal dans
l’environnement et contaminent la chaîne
alimentaire. Leurs procédés de fabrication
peuvent être eux-mêmes très polluants,
utilisant des gaz toxiques (PEG). Par ailleurs,
certains composants provoquent des irritations
sur la peau. D’autres, d’origine synthétique ou
naturelle, présentent un caractère allergisant
marqué. C’est par exemple le cas des parfums
et huiles essentielles. À chacun de repérer
ses réactions, pour éliminer les produits qui
renferment les ingrédients posant problème.
Plus inquiétant encore, depuis l’appel d’une
vingtaine de scientifiques à Wingspread (États-
Unis) en 1991, une menace d’un autre ordre,
bien plus pernicieuse, a été mise en avant: il
s’agit des perturbateurs endocriniens (PE).
F
LES PERTURBATEURS
ENDOCRINIENS INCRIMINÉS
En chahutant le système hormonal, ces
substances chimiques agissent à long terme
sur le fonctionnement du corps, voire à très
long terme car leurs effets se transmettent
au fœtus. L’Organisationmondiale de la
santé (OMS) a reconnu leurs effets néfastes
intergénérationnels, en 2002. Dans ce cas,
pourquoi ne pas les interdire? D’abord, nombre
d’industriels, dont les formules cosmétiques
et la maîtrise des coûts sont fortement
dépendants de ces substances controversées,
rejettent le principe de précaution. Ensuite,
l’absence de définition des PE partagée par
tous au sein de l’UE a longtemps freiné leur
mise au ban. Obstacle levé le 13 décembre
dernier même s'il faut toujours produire
la preuve directe des effets délétères
de la substance pour l’interdire. «
C’est
incontestablement un progrès, mais la meilleure
solution aurait été de calquer la classification
des PE sur celle des substances CMR
(cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques)
selon le degré de preuve: avéré, probable
ou possible, comme le recommandaient les
ONG
», déclare le Réseau environnement santé.
Car si les scientifiques ont dumal à prouver
l’action de chaque PE, ceux-ci pouvant agir
NOTRE EXPERT
Celia RAVEL
Chef du service de biologie
de la reproduction
au CHU de Rennes




