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Dossier familial

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CONJOINT COLLABORATEUR

OU CONJOINT SALARIÉ?

Beaucoup de SARL sont gérées en couple.

La solution la plus économique – quand l’effectif

ne dépasse pas 20 salariés – consiste à choisir

pour le conjoint ou le partenaire pacsé le

statut de conjoint collaborateur. Celui-ci n’est

pas rémunéré mais bénéficie d’une protection

sociale minimale (Assurance-maladie et retraite)

à coût modéré, car il ne cotise que sur un tiers

du plafond de la Sécurité sociale. Attention, le

conjoint collaborateur ne peut pas être associé.

Le choix de salarier son conjoint est plus

coûteux. Mais la protection sociale se révèle

alors optimale, ce qui est intéressant notamment

pour les périodes de maternité. Même associé,

le conjoint peut cotiser à l’Assurance chômage,

à condition de prouver un lien de subordination

(pas de pouvoir de direction, pas de double

signature en banque, pas de délégation

pour signer des chèques, etc.). Le régime

de la séparation des biens est recommandé.

l’état de subordination du gérant minoritaire. »

Cette précaution évite de cotiser en pure

perte si jamais Pôle emploi refuse la prise en

charge au moment où le gérant minoritaire

perd son emploi.

« Vous pourrez demander

le remboursement des cotisations payées à

tort, mais uniquement sur les trois dernières

années »

, précise Patrick Bordas.

TRAVAILLEUR NON SALARIÉ :

LE CHOIX DU RISQUE

Doté d’une couverture sociale 15 à 20%

moins chère que celle de salarié, le statut de

TNS repose clairement sur un choix financier.

Il est tout à fait adapté aux entrepreneurs

plutôt jeunes et en bonne santé. Autre

intérêt :

« En phase de démarrage, le créateur

bénéficie d’un petit crédit de trésorerie de

la part du RSI car, entre la rémunération

perçue et les charges sociales à verser, il

y a un décalage d’un an »

, indique Bruno

Jotrau. Ce qui implique une grande rigueur

de gestion : il faut penser à provisionner les

charges futures, anticiper le versement de

cotisations.

« Il est nécessaire d’adopter une

certaine discipline pour être au RSI, ne pas

confondre chiffre d’affaires et rémunérations.

Le TNS doit être bien entouré par son expert-

comptable »

, observe Jérôme Kerviche.

Pour compenser une couverture sociale plus

faible, le TNS aura intérêt à épargner en vue

d’une retraite complémentaire. Le contrat dit

« loi Madelin » constitue une solution souvent

préconisée par les experts-comptables.

CHANGER DE STATUT

Aucun statut n’est immuable. Il peut évoluer

en fonction de la vie de l’entreprise. Un gérant

minoritaire peut devenir majoritaire, et donc

travailleur non salarié (à la place de salarié).

Autre possibilité: transformer une SARL

en SAS pour éviter de payer des impôts sur

les dividendes (élevés dans une SARL);

le gérant majoritaire, TNS, se retrouve alors

président ou directeur général, et donc assimilé

salarié. Autre cas, assez fréquent: créer

une SAS une fois à la retraite, sans se

rémunérer. Il n’y a alors aucune cotisation

sociale à payer, et la rémunération s’effectue

sous forme de dividendes.

FILADENDRON/ISTOCK/GETTY IMAGES