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donc, à ce que la silhouette caractéristique du mont
Dol lui ait valu de prendre une place de choix dans
la légende de la baie.
Le mythe dit que cette curieuse éminence aurait été
le théâtre d’un afrontement homérique entre saint
Michel et Satan, dont la violence se mesurerait aux
traces encore visibles du combat. Ainsi, à gauche de
la chapelle dédiée à Notre-Dame-de-l’Espérance, un
rocher montre encore la marque laissée par le séant
et les grifes du démon lorsque celui-ci fut terrassé
par l’archange. D’un coup de glaive, saint Michel
aurait ensuite ouvert une faille dans le roc pour y
précipiter son ennemi : le Trou du Diable, comme on
l’appelle ici, est situé de l’autre côté de la chapelle.
Or le démon n’avait pas dit son dernier mot. Le
croyait-on avalé et digéré par les entrailles de la Terre
qu’il ressurgit au sommet du mont. L’archange stu-
péfait se lança alors à sa poursuite, se jetant sur le
diable d’un bond si puissant que l’empreinte creusée
par son pied lorsqu’il se propulsa dans les airs appa-
raît encore sur un rocher, près de la tour portant une
statue de la Vierge.
Des «bateaux à roues» pour
rejoindre bouchots et parcs à huîtres
La route qui longe la baie depuis Cancale traverse
des villages d’ostréiculteurs et de mytiliculteurs dont
les noms — Saint-Benoît-des-Ondes, Vildé-la-Marine,
Le Vivier-sur-Mer — réafrment la vocation maritime,
précision nécessaire tant la mer n’y est visible qu’à
marée haute. Dès lors, la question se pose de savoir
comment on travaille sur les parcs à huîtres et les
bouchots où s’élèvent les moules… Réponse au Vivier-
sur-Mer, unique port amphibie de France. Afn de
ne plus être tributaires des marées pour travailler
sur leurs parcs situés en pleine baie du Mont-Saint-
Image emblématique
de la baie, des moutons
paissent dans les
prés-salés devant
le Mont-Saint-Michel.
C’est par une infnité
de chenaux comme
celui qui apparaît
derrière le troupeau
que, par grande
marée, les herbus
sont noyés et
se gorgent de sel.




