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cité. Vue depuis son parvis ou de son chevet, la
cathédrale Saint-Samson ne laisse pas soupçonner
la richesse de son architecture intérieure. Celle-ci
n’a pourtant pas échappé à Gustave Flaubert, qui
note dans le récit de son voyage autour de la Bre-
tagne (
Par les champs et par les grèves,
1881) :
« […] une église de bon style, à qui son gynécée tri-
lobé donne une grâce charmante sans ornements,
mais riche d’elle-même par ses hautes proportions.
Elle rappelle bien, dans sa sévère ogive, l’orgueil
métropolitain de ses évêques […] »
De fait, il faut
remonter la nef pour prendre la mesure de l’édi-
fice : près de 100 mètres de long, sous des voûtes
vertigineuses, caractéristiques du gothique flam-
boyant. Et quel choc en découvrant les vitraux du
chœur ! Une véritable explosion de couleurs, où
domine le bleu sous toutes ses nuances. Datant
de la fin du
xiii
e
siècle, cette maîtresse-vitre est
la plus ancienne de Bretagne, et son tympan, qui
illustre le Jugement dernier, mérite d’être observé
à la jumelle. Quant à « l’orgueil des évêques », il
Les digues de la baie
du Mont-Saint-Michel
séparent deux univers:
côté mer, les immenses
étendues marécageuses
des herbus; côté
terre, dans le polder,
des terres agricoles
aux parcelles délimitées
au cordeau, qui
font l’objet d’une
exploitation attentive.
L A B A I E D U M O N T - S A I N T - M I C H E L




