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nord, tandis que plus au sud, dominant un littoral
bas et uniforme, la colline du mont Dol dessine un arc
de cercle parfait. Et devant soi, au-delà de la Grande
Rade de Cancale, commence l’immensité de la baie du
Mont-Saint-Michel. Une tache lumineuse dans le ciel ?
C’est la statue de l’Archange, dressée sur la fèche de
l’abbatiale.
Cancale, entre maisons cossues
et ruelles à matelots
S’agissant de Cancale, mieux vaut préciser
de quoi il retourne : parle-t-on de la ville haute ou
bien de la Houle, le quartier du port au nom prédes-
tiné ? Sans que, cela dit, les deux parties de la ville
ne s’opposent. En haut sur le plateau, entre l’église
et la pointe du Hoc dressée en promontoire au-des-
sus des parcs à huîtres et de la baie du Mont-Saint-
Michel, voisinent des maisons cossues en pierre de
taille. Ce sont les demeures des anciens armateurs et
capitaines de grande pêche, souvenirs de l’époque où
les campagnes morutières à Terre-Neuve rapportaient
des fortunes. En bas de Cancale, tapi au pied de la
falaise et en retrait des quais, le quartier de la Houle
se compose de deux étroites rues parallèles bordées
de maisonnettes tarabiscotées. Dans ce quartier des
matelots et des pêcheurs vivaient les équipages des
bisquines, à l’époque où les bancs d’huîtres sauvages
de la baie du Mont-Saint-Michel frent, avant le tou-
risme, les beaux jours de Cancale.




