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son nom de ce que durant la guerre de Cent Ans,
lors d’un siège, le paiement d’une rançon décida les
Anglais à lever le camp. Le pont sur la Vilaine ofre
une jolie vue sur un lavoir ancien à l’imposante toi-
ture. Et comme on gravit la rue du Val, accrochée au
rempart pour atteindre la poterne Saint-Pierre, la vue
s’élargit sur les jardins du Rachapt. C’est par un tunnel
ménagé dans le rez-de-chaussée d’une maison à pans
de bois que l’on entre dans Vitré, débouchant sur la
place de l’église Notre-Dame (
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xvi
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siècles). Dans
le prolongement de son parvis, près d’un bâtiment
administratif, une terrasse ofre une vue panoramique
sur l’enflade des murailles de la ville et, en dessous,
sur la promenade des remparts. Là commence l’in-
tense lacis de ruelles et de passages qui constitue le
Vitré médiéval. Comme cette rue Poterie où se suc-
cèdent des maisons à porche et pans de bois : la plu-
part d’entre elles abritent des commerces tout à fait
modernes, et les vitrines font de curieux contrastes
entre le contenu et le contenant. Comme cette autre
rue Beaudrairie où se succèdent des maisons à colom-
bages, encorbellements et façades d’ardoises. En haut,
la place du Château. Entièrement dégagée et réservée
aux piétons, cette esplanade permet de contempler,
sans rien qui vienne troubler la vue, la fantasmago-
rique entrée du château de Vitré. Le pont-levis franchi,
le visiteur découvre une vaste cour où se dresse, à
droite, l’édifce à galerie qui abrite l’hôtel de ville. Il
fut construit sur l’emplacement du logis seigneurial
et dans un style néogothique, au début des années
1900. À son extrémité, la tour de Montaflant ofre
un vaste panorama sur la ville basse. À l’opposé, la
tour Saint-Laurent abrite un musée et nombre d’ob-
jets témoins de la vie ancienne.
Par leurs paysages, les campagnes de la Marche de
Bretagne montrent qu’il n’existe aucune frontière
naturelle entre l’Armorique et les provinces voisines.
Aussi passe-t-on insensiblement d’une contrée à
l’autre. Dans la partie nord de la Marche, le quadril-
lage strict des prés, des vergers et des bois est une
prolongation du bocage typique de la Normandie ;
plus au sud, la bucolique rondeur des perspectives,
associée à un climat plus clément, évoque bel et bien
les douceurs de l’Anjou. Vers Vitré par exemple, sur
la route de La Guerche-de-Bretagne, la transition
s’efectue vers Argentré-du-Plessis, à la hauteur
des Rochers-Sévigné. De la marquise de Sévigné
(1626-1696) qui y séjournait souvent, le château
C’est par un tunnel
ménagé dans le rez-de-
chaussée d’une maison
à pans de bois que
l’on entre dans Vitré,
débouchant sur la place
de l’église Notre-Dame.
L A M A R C H E




