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I L L E - E T - V I L A I N E

des Rochers a conservé le souvenir. Un petit musée

y reconstitue l’atmosphère dans laquelle fut rédigée

une bonne part de cette correspondance qui devint

Les Lettres de Madame la marquise de Sévigné

et créa

un nouveau type de littérature : le genre épistolaire.

En témoigne cet extrait, en date du 22 juillet 1671,

sans doute rédigé au retour d’une promenade dans

la campagne :

« Savez-vous ce que c’est que

faner

?...

c’est retourner du foin en batifolant dans une prai-

rie, dès qu’on en sait tant, on sait faner. »

Quant au

château, et bien que ses tours pointues lui donnent

des airs de manoir de conte de fées, il conserve à

ce point l’aspect sévère des châteaux forts qu’on se

demande comment la papillonnante marquise pou-

vait bien s’y plaire…

À La Guerche-de-Bretagne, quelle surprise en arrivant

dans le bourg ! Alors que la Mayenne se trouve à un

jet de pierre, on est au pied d’un de ces clochers à

jour typiques de la Bretagne bretonnante. Et pas n’im-

porte lequel, tant il rappelle la vertigineuse fèche

du Kreisker, qui fait la ferté de Saint-Pol-de-Léon,

dans le Finistère. En réalité, ce superbe exemple de

l’art gothique famboyant fut édifé en… 1873. Par

ailleurs, la place de l’Église ofre un charmant spec-

tacle avec une série de maisons à porches et pans

de bois comme on en voit à Vitré. Derrière la place,

les rues du Cheval-Blanc, d’Anjou et des Chapelles

possèdent aussi de belles demeures anciennes : de

toute évidence, La Guerche fut une des cités pros-

pères qui commerçaient avec l’Anjou voisin. Il en va

de même avec le bourg coquet de Grand-Fougeray,

tapi autour d’une église romane dont le clocher s’orne

d’un curieux clocheton de bois peint. Et comme un

rappel du rôle défensif de la Marche de Bretagne,

juste à côté, se dresse la tour Du Guesclin, unique

vestige d’un important château médiéval.

Redon et ses cours d’eau

ont des airs de Venise bretonne

À l’extrême sud du département, Redon

présente la particularité d’occuper l’exact point de

rencontre entre le Morbihan, la Loire-Atlantique et

l’Ille-et-Vilaine, dont elle est une sous-préfecture.

Trois départements et deux régions administratives

(Bretagne et Pays de la Loire) confnent ainsi en une

seule ville. Cette curiosité administrative tient de

ce que le feuve Vilaine se trouve ici rejoint par un

afuent : l’Oust. Mais il y a plus curieux encore, car

cette confuence se trouve elle-même croisée par le

canal de Nantes-à-Brest, tandis que deux écluses,

aménagées l’une sur la Vilaine et l’autre sur le canal,

donnent accès au bassin d’un port maritime. Redon

se donne ainsi des airs de «Venise bretonne », laby-

Et comme un rappel

du rôle défensif

de la Marche de

Bretagne, se dresse

la tour Du Guesclin,

unique vestige

d’un important

château médiéval.