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al.

2007). Comme pour les chiffres relatifs aux populations,

les estimations concernant la répartition sous-régionale des

éléphants s’appuient sur des suppositions et des hypothèses.

Elles donnent toutefois un aperçu de la répartition générale

des éléphants à travers le continent.

TENDANCES DE LA POPULATION

D’ÉLÉPHANTS AUX XXe ET XXIe SIÈCLES

Avant les années 1990, les données concernant la population

d’éléphants d’Afrique étaient parcellaires et plus ou moins

exactes. Il est toutefois largement reconnu que le braconnage

a considérablement réduit le nombre d’éléphants entre 1970

et 1990, notamment en Afrique centrale et orientale. À cette

époque, de nombreuses photos et signalements de carcasses

d’éléphants dépourvues de défenses découvertes par milliers à

l’intérieur et à l’extérieur des parcs nationaux de toute l’Afrique

ont fait les gros titres dans le monde entier. Alimentée par des

campagnes et une couverture médiatique, une meilleure sen-

sibilisation mondiale au braconnage a permis à la CITES d’in-

terdire le commerce international de l’ivoire en 1989.

Avant 1989, l’éléphant d’Afrique était inscrit à l’Annexe II de la

CITES et le commerce international de l’ivoire et d’autres spéci-

mens d’éléphants était réglementé, mais légal. Dans les années

1970 et 1980, le niveau élevé de braconnage était motivé par l’es-

sor du marché de l’ivoire, principalement en Europe, aux États-

Unis et au Japon. Ces activités étaient menées par des entre-

prises légitimes, souvent avec la participation de fonctionnaires

du gouvernement. Les mesures de conservation, associées aux

restrictions sur les ventes d’ivoire entrées en vigueur suite à l’in-

terdiction de la CITES, ont permis de mettre fin à une grande

partie du braconnage, notamment en Afrique orientale. Au

cours des deux décennies suivantes, la population d’éléphants

a eu la possibilité de se reconstituer dans certains États de l’aire

de répartition, en particulier en Afrique orientale (Blanc

et al.

2007). Les estimations actuelles indiquent cependant d’impor-

tantes baisses des populations d’éléphants en Afrique centrale,

au point que certaines populations locales sont menacées d’ex-

tinction. Les populations de l’Afrique orientale sont elles aussi

menacées par l’augmentation du braconnage.

APERÇU SOUS-RÉGIONAL

La majeure partie de la population d’éléphants d’Afrique oc-

cidentale avait été décimée avant le début du XXe siècle, et

alors que certaines populations ont encore diminué en raison

du braconnage dans les années 1980, la faible population de

cette région, soit 4 000 éléphants (qui inclut les chiffres défi-

nitifs et probables) est restée plus ou moins stable au cours du

XXe siècle et jusque dans les années 1990 (Said

et al.

1995).

En 2007, le nombre définitif d’éléphants dans la sous-région

était de 7 500, alors que les estimations les plus récentes sug-

gèrent environ 7 100 (UICN/GSEAf 2013).

La plupart des données sur les populations d’éléphants

en Afrique centrale ne sont pas fiables et avant les années

1990, il n’existait pas de données réelles sur le nombre d’élé-

phants. Cependant, il est généralement admis que les popu-

lations d’éléphants de forêt en Afrique centrale, notamment

en République démocratique du Congo, ont été considéra-

blement réduites dans les années 1970 et 1980. Les don-

nées sur la population de cette région sont incertaines et

peu fiables pour deux raisons : tout d’abord, parce que les

enquêtes démographiques dans les zones boisées sont diffi-

ciles et coûteuses, car les recensements aériens ne sont pas

réalisables ; ensuite, parce que des décennies de conflit dans

la région ont rendu impossible la réalisation d’enquêtes

démographiques dans de nombreux endroits. Ces difficul-

tés se reflètent dans les chiffres du Rapport de situation de

l’éléphant d’Afrique de 1995 : seuls 7 000 éléphants connus

ont été enregistrés alors que plus le chiffre de 200 000 était

considéré comme probable ou possible (Said

et al.

1995). Les

estimations les plus récentes suggèrent un nombre définitif

de l’ordre de 20 000 et un nombre probable d’environ 65

000 (UICN/GSEAf 2013).

L’Afrique orientale, qui abritait le plus grandnombre d’éléphants

avant 1970, a été durement touchée par le braconnage au cours

des années 1970 et 1980 (Blanc, 2008). Les témoignages de

l’époque décrivent des parcs jonchés de carcasses d’éléphants.

Les pertes substantielles dans des lieux tels que le parc national

de Tsavo, au Kenya, et la réserve de gibier de Selous, dans le sud