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Redon, la Vilaine réapparaît enfn, mais c’est pour se

confondre tout de suite dans un labyrinthe nautique

tracé par la confuence avec l’Oust et le croisement

avec le canal de Nantes-à-Brest. Ce canal est l’autre

route d’eau bretonne, elle aussi ouverte pendant les

guerres napoléoniennes et pour les mêmes raisons

stratégiques que le canal d’Ille-et-Rance. Il s’agissait

ici de relier entre eux, hors d’atteinte de la redou-

table Marine anglaise, les ports militaires de Brest et

de Lorient, ainsi que la fonderie de canons d’Indret,

située près de Nantes. Mais ouvrir un canal entre la

pointe de Bretagne et la Loire posa des difcultés

à ce point considérables que les travaux lancés en

1804 ne furent pas achevés avant 1842. En aval de

Redon, la Vilaine entre dans le Morbihan et s’élargit

au point d’évoquer autant un lac qu’un feuve. De

fait, un barrage la sépare du domaine maritime, et

c’est seulement après l’écluse d’Arzal que l’estuaire

connaît le jeu des marées, le vent du large, et bien-

tôt aussi, la houle de l’Atlantique.

À côté de Saint-Suliac,

la Vierge de Grainfollet

ofre une vue

panoramique sur

l’estuaire de la Rance.

Avec sa grotte

artifcielle évoquant la

Grotte des Apparitions

de Lourdes, l’édifce

est tout à fait typique

des oratoires naïfs

construits à la fn

du xix

e

siècle.

A U F I L D E L’ E A U