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Rennes cache bien son jeu, à l’opposé peut-
être de l’image qu’on lui donne d’ordinaire. Une
tranquille cité administrative ? Ses 60000 étudiants
la tiendraient plutôt éveillée ! Déambuler dans le
centre de Rennes, c’est voir partout ces petites afches
placardées sur les portes des commerces, annonçant
ici une expo, là un concert, ailleurs encore un spec-
tacle. Pas un soir où il ne se passe quelque chose.
Savez-vous que Rennes, par exemple, compte parmi
les laboratoires du pop-rock? Et à ceux qui la quali-
fent de vieille dame endormie sur les berges de la
Vilaine, il faut rappeler qu’elle s’est assez étendue
pour devoir se doter d’un métro dès le début des
années 2000. Aujourd’hui, sous le nom de Rennes
Métropole, elle réunit 37 communes et totalise plus
de 400 000 habitants.
Moderne, et respectueuse
de son cadre vénérable
On signalera aussi que la technopole de
Rennes-Atalante est le leader européen de la recherche
dans les domaines de la communication, et que le
journal
Ouest France
détient la première place des
quotidiens nationaux en termes de tirage. Dans
tous les cas, un fait demeure : la capitale de la région
Bretagne a su afrmer sa modernité tout en respec-
tant son cadre vénérable.
Rennes a pour lieu de naissance exact la jonction
entre la Vilaine et son afuent l’Ille. Et si elle prit pour
nom Condate, c’est tout simplement parce que, en
langue gauloise, ce mot signife confuent. Nombre
de cités trouvent ainsi leur origine dans le simple
fait qu’en des temps d’insécurité, la jonction entre
deux cours d’eau constituait un site défensif naturel.
Du Condate originel, toutefois, il ne reste aucun sou-
venir. Mais non loin, dans le lacis de ruelles bordées
de maisons à pans de bois qui s’étend entre la place
Sainte-Anne et les Portes mordelaises, on retrouve la
ville qui se développa dès le haut Moyen Âge. Condate
devint alors l’importante ville de Rennes, du nom du
peuple des Riedones, qui vivaient dans l’actuel nord
de l’Ille-et-Vilaine. Mais cette évolution tient moins
à son emplacement exigu et marécageux, protégé
par la confuence de deux cours d’eau, qu’au débit
régulier de la Vilaine qui la rendait navigable depuis
la mer. Or, jusqu’à l’invention du train, le transport
des marchandises s’efectuait essentiellement par
les chemins d’eau. On notera au passage que la mer
dont il est ici question n’est pas la Manche, pourtant
bien plus proche, mais l’océan Atlantique !




