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R E N N E S
On tourne à gauche
dans la rue des Portes-
Mordelaises. Chaussée
pavée à caniveau central,
maisons à encorbellements
et pans de bois colorés,
l’atmosphère devient tout
à coup médiévale.
immeubles de style classique qui encadrent le pont
de Bretagne et, totalement anachronique, un immense
calvaire noir, blanc et doré. C’est ici que se trouve
l’actuel confuent entre la Vilaine et l’Ille, en l’occur-
rence l’écluse qui assure la jonction entre le canal
d’Ille-et-Rance et la Vilaine.
Un pèlerinage sur les lieux de naissance de Rennes
s’impose, cependant. Du pont de Bretagne, il suf-
ft de se diriger vers la cathédrale. Passé le parvis,
on tourne à gauche dans la rue des Portes-Morde-
laises. Chaussée pavée à caniveau central, maisons
à encorbellements et pans de bois colorés, l’atmos-
phère devient tout à coup médiévale. L’efet est plus
fort encore sous le passage en voûte qui ouvre lui-
même sur un pont-levis.
La petite place qu’on découvre ainsi a fère allure
avec ses deux tours à mâchicoulis, transformées
au cours des siècles en habitations. Au bout de la
rue, on prend à gauche sur la place du Bas-des-Lices
pour retrouver le canal d’Ille-et-Rance au niveau d’un
pont. Sur l’autre rive à droite, un peu plus loin, un
autre cours d’eau, un petit marais plutôt... Mais quel
charme ! C’est la rivière Ille, qu’une promenade per-
met de suivre au plus près. Ici, dans la verdure, on
retrouve tout le charme du Rennes ancien, et davan-
tage encore en longeant les antiques arcades du
square Guy-Houist. Plus loin, un autre lieu étrange
est signalé par une cheminée d’usine en brique :
c’est l’ancienne buanderie de la congrégation Notre-
Dame de la Charité, aujourd’hui aménagée en centre
culturel. Puis la promenade du Lavoir donne sur une
simple pelouse qui s’achève sur la confuence de
l’Ille et de la Vilaine. Parmi tous les Rennais qui, aux
beaux jours, viennent ici pique-niquer ou profter du
coucher du soleil, combien se doutent qu’à l’époque
gallo-romaine battait ici le cœur de Condate, la future
Rennes, capitale de Bretagne ?
C’est le samedi matin, avec le fabuleux marché de
la place des Lices, que le Rennes médiéval appa-
raît sous son jour le plus séduisant. Au pied des
grandes demeures à pans de bois se succèdent les
étals surchargés de tous les produits du terroir.
Tous les gourmets de Rennes et des alentours sont
là, fdèles à leur rendez-vous hebdomadaire avec
les producteurs. En haut des Lices à droite, les feu-
ristes donnent un éclat coloré à la place Saint-Michel
et aux crêperies de la rue du même nom. En face, la




